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Côte d’Ivoire / Cryptomonnaies : Vigilance maximale face à une déferlante d’arnaques dopées par l’IA

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Le Comité de veille sur les placements financiers illicites a émis une mise en garde formelle contre la prolifération des escroqueries financières liées aux cryptomonnaies en Côte d'Ivoire. Dans une déclaration officielle publiée lundi 17 août, l'autorité de régulation met en lumière quatre enjeux cruciaux : notamment la prolifération sur les réseaux sociaux d'offres frauduleuses amplifiées par l'intelligence artificielle, les menaces directes d'extorsion de données personnelles et bancaires, la stricte illégalité de ces pratiques au regard du cadre réglementaire régional de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), ainsi que le lancement de poursuites pénales et d'un dispositif national de traçabilité pour protéger l'épargne publique.

Cette alerte intervient dans un contexte d'engouement sans précédent pour les actifs numériques à l'échelle du continent africain. Selon le rapport annuel 2025 de la firme d'analyse Chainalysis, l'Afrique subsaharienne enregistre une accélération de son marché des crypto-actifs, devenant la troisième région à la croissance la plus rapide au monde derrière l'Asie-Pacifique et l'Amérique latine. Entre juillet 2024 et juin 2025, plus de 205 milliards USD ont été échangés dans la région, marquant une progression de 52 % sur un an.

En Côte d'Ivoire et au sein de l'espace sous-régional, cet enthousiasme populaire crée un terrain particulièrement propice à l'exploitation malveillante. Les réseaux criminels tirent parti de la recherche de rendements rapides pour diffuser des schémas d'investissement frauduleux. L'utilisation croissante de technologies de pointe accroît considérablement la portée et le pouvoir de persuasion de ces plateformes illicites, qui opèrent sous le couvert d'un anonymat total.

Cette sophistication croissante a d'ailleurs été mise en lumière par Interpol dans son rapport 2026 sur la cybercriminalité en Afrique. L'organisation internationale de police criminelle y soulignait précisément l'émergence d'escroqueries hautement élaborées, amplifiées par l'IA générative pour concevoir des campagnes de désinformation financière particulièrement convaincantes.

Mimer des interfaces institutionnelles ou générer des promesses de gains automatisées permet à ces syndicats du crime de tromper la vigilance des investisseurs particuliers. Le Comité de veille rappelle que ces démarches visent principalement à siphonner les coordonnées bancaires et à spolier l'épargne, exposant les victimes à une perte financière irréversible sans aucune possibilité de recours légal.

Cet organe étatique n'en est pas à son premier combat. Dès 2017, le comité alors dirigé par le Trésor public s'était illustré en démantelant le vaste scandale de l'agrobusiness qui avait englouti des dizaines de milliards de francs CFA d'épargne populaire. Plus récemment, en mars 2023, le comité était réintervenu publiquement pour stopper de nouvelles formules illicites qui s'étaient étendues au secteur des transports et du placement participatif, rappelant systématiquement l'obligation d'agrément préalable délivré par la BCEAO ou l'Autorité des marchés financiers de l'UEMOA.

Face aux cas d'arnaques actuels sur les plateformes de cryptomonnaies, le Comité de veille réitère l'interdiction absolue de ces transactions non autorisées et appelle la population à une vigilance maximale. Le Secrétariat technique du Comité de veille invite les citoyens à signaler toute offre suspecte via un numéro vert dédié, tout en intimant l'ordre aux promoteurs de ces plateformes clandestines de cesser immédiatement leurs activités sous peine de poursuites judiciaires et de sanctions financières rigoureuses.

Anselme Akéko

Publié le 18/08/26 13:55

La Rédaction

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