Dans un contexte de montée en puissance des économies numériques en Afrique, la Côte d'Ivoire accélère la structuration de son capital humain dans les métiers technologiques. C'est dans cette dynamique que s'inscrit la cérémonie de diplomation organisée le 17 avril à l'Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny, marquée par la désignation de Fatim Cissé comme marraine de la 9e promotion en Data Science et Intelligence artificielle.
L'événement, qui a réuni étudiants, enseignants et partenaires institutionnels, a consacré plus de 60 diplômés issus de filières stratégiques — data science, big data, cybersécurité — à un moment où la demande en compétences numériques s'intensifie sur le continent. Au-delà de la dimension académique, la cérémonie illustre un enjeu économique plus large : la capacité des pays africains à former une main-d'œuvre qualifiée pour capter la valeur liée à la transformation digitale.
Former pour capter la valeur de la transformation numérique
En prenant le parrainage de cette promotion, Fatim Cissé envoie un signal clair sur le rôle du secteur privé dans la structuration de cet écosystème. À la tête des opérations ivoiriennes et camerounaises de IHS Towers et fondatrice de DUX, une entreprise spécialisée dans l'intelligence artificielle, elle s'inscrit à l'interface entre infrastructures numériques et innovation applicative.
Son engagement traduit une conviction : le capital humain constitue désormais le principal levier de compétitivité. "L'avenir de nos économies dépendra de notre capacité à intégrer ces technologies et à former les talents capables de les exploiter", a-t-elle souligné, mettant en avant le rôle croissant de l'intelligence artificielle et de la cybersécurité dans les trajectoires de développement.
Cette lecture s'inscrit dans une tendance de fond. À mesure que les usages numériques s'intensifient — du financement des PME à travers des solutions digitales comme CRAELLA, jusqu'à l'essor des data centers et de l'intelligence artificielle — la maîtrise des compétences devient un enjeu stratégique pour les États comme pour les entreprises.
Un écosystème académique en montée en puissance
Au cœur de cette dynamique, l'International Data Science Institute s'impose progressivement comme un pôle de formation de référence. Lancé en 2017 en partenariat avec l'ENSEA et École polytechnique, le programme a déjà formé plusieurs promotions d'experts en data science et en intelligence artificielle, avec un positionnement aligné sur les standards internationaux.
Son modèle repose sur une articulation étroite entre formation académique et besoins du marché, avec un accent sur des compétences directement mobilisables dans les secteurs à forte intensité technologique. Un atout dans un contexte où les entreprises, en Afrique comme ailleurs, font face à une pénurie croissante de profils qualifiés.
Un enjeu d'intégration économique et de souveraineté
Au-delà de la symbolique, cette séquence met en lumière un enjeu de souveraineté économique. Pour la Côte d'Ivoire, il ne s'agit plus seulement d'adopter les technologies, mais de maîtriser les chaînes de valeur associées. Cela passe par la formation, mais aussi par la capacité à créer des passerelles entre institutions académiques, secteur privé et politiques publiques.
En se positionnant comme marraine, Fatim Cissé incarne cette convergence. Son profil — à la fois dirigeante d'un acteur clé des infrastructures télécoms et entrepreneure dans l'intelligence artificielle — illustre le rôle croissant des acteurs hybrides dans la transformation des économies africaines.
À travers cette initiative, Abidjan confirme ainsi une orientation stratégique : faire du numérique non seulement un levier de modernisation, mais un moteur de création de valeur et d'emplois qualifiés, dans un environnement où la compétition pour les talents s'intensifie à l'échelle mondiale.
Fanuelle YAO
Publié le 20/04/26 16:25
La Rédaction
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