Cent quarante millions d'euros. C'est la somme que l'Italie s'apprête à injecter dans les économies africaines à travers un accord bilatéral de cofinancement conclu avec le Groupe de la Banque africaine de développement. La signature s'est tenue ce dimanche 20 avril à Washington D.C., en marge des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, entre le président du Groupe de la BAD, le Dr Sidi Ould Tah, et le ministre italien de l'Économie et des Finances, Giancarlo Giorgetti.
Cette enveloppe se décompose en deux volets distincts. D'un côté, 100 millions d'euros en financements concessionnels, puisés dans le Fonds renouvelable italien pour la coopération internationale au développement. De l'autre, 40 millions d'euros sous forme de dons, mobilisés par le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération italienne. L'ensemble sera administré par la BAD selon ses propres règles fiduciaires, et déployé en parallèle aux financements propres de l'institution.
Les secteurs ciblés témoignent d'une ambition clairement orientée vers les besoins fondamentaux du continent : énergie, agriculture, eau, infrastructures et développement du capital humain. Des domaines qui concentrent à la fois les déficits structurels les plus criants et les leviers les plus puissants de transformation économique. L'accord s'inscrit dans la logique du Plan Mattei, la grande doctrine italienne de coopération avec l'Afrique portée par la présidente du Conseil Giorgia Meloni, tout en s'alignant sur la Stratégie décennale 2024-2033 de la BAD.
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Pour le Dr Sidi Ould Tah, cet accord dépasse le simple apport de ressources supplémentaires. Il y voit l'expression d'une nouvelle architecture financière pour le développement du continent, celle que la BAD appelle la NAFAD, fondée sur la mobilisation des capitaux, l'élargissement des partenariats et une croissance portée par l'investissement. Le ministre Giorgetti, lui, a insisté sur la dimension politique du geste : construire avec les pays africains des relations de long terme, équilibrées, loin de la logique de l'aide traditionnelle.
Sur le plan opérationnel, ce nouveau dispositif vient compléter deux mécanismes déjà actifs entre Rome et Abidjan : la Facilité de financement du processus de Rome, directement adossée au Plan Mattei, et la Plateforme de croissance et de résilience pour l'Afrique. L'accord d'aujourd'hui consolide ainsi un cadre partenarial global qui articule financements publics, investissements privés et renforcement des institutions locales, avec pour horizon affiché la création d'emplois, la sécurité alimentaire et la résilience climatique.
Fanuelle YAO
Fanuelle YAO
Publié le 20/04/26 13:05
La Rédaction
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CEMAC