La République centrafricaine multiplie les démarches auprès des institutions financières panafricaines pour attirer des capitaux et financer ses besoins de développement. Fin juin et début juillet 2026, à Nairobi, le gouvernement centrafricain a fait avancer deux dossiers d'adhésion. Le premier concerne Shelter Afrique, banque multilatérale spécialisée dans le financement du logement et du développement urbain. Le second porte sur l'Agence d'assurance pour le développement du commerce et de l'investissement en Afrique (ATIDI).
Le ministre centrafricain des Finances, Hervé Ndoba, a rencontré fin juin, à Nairobi, Thierno Habib Hann, directeur général de Shelter Afrique. À l'issue de ces échanges, le membre du gouvernement a indiqué, le 2 juillet, que la RCA était en voie de finaliser son adhésion à l'institution.
Cette entrée devrait permettre au pays de solliciter des financements destinés à l'habitat et au développement urbain. Shelter Afrique intervient également dans la préparation et la mise en œuvre de projets sur l'ensemble de la chaîne de valeur du logement.
Le rapprochement avec cette institution intervient alors que le marché centrafricain du logement reste marqué par des besoins considérables. Selon le Plan national de développement 2024-2028, qui reprend les données de 2023 du ministère en charge de l'Urbanisme, le déficit dépasse un million de logements.
Le même document relève plusieurs freins à la production immobilière. Le coût élevé des matériaux de construction pèse sur les projets, tandis que le pays manque de programmes publics de logements. Le faible accès aux services financiers limite également les possibilités de financement des ménages et des promoteurs. Dans ce contexte, l'autoconstruction et les acteurs informels dominent encore le marché. À ces difficultés s'ajoutent des contraintes foncières qui compliquent le développement de projets immobiliers.
ATIDI pour couvrir les risques des investisseurs
En parallèle du dossier Shelter Afrique, Bangui accélère sa démarche d'adhésion à ATIDI. La RCA a participé, du 30 juin au 3 juillet 2026 à Nairobi, à la 26ᵉ Assemblée générale annuelle de cette institution panafricaine, organisée à l'occasion de son 25ᵉ anniversaire.
La démarche avait été engagée en octobre 2025 sur décision du président Faustin-Archange Touadéra. En décembre de la même année, le directeur général d'ATIDI, Manuel Moses, avait donné une réponse favorable à la demande centrafricaine. Les discussions ont depuis franchi une nouvelle étape.
" L'Assemblée a exprimé un soutien unanime à l'intégration de la Centrafrique, saluant une initiative conforme aux objectifs d'élargissement du dispositif panafricain de garantie des risques. La procédure d'adhésion inclut la signature et la ratification de l'accord de création d'ATIDI, le dépôt auprès de la Commission de l'Union africaine, la conclusion d'un accord de participation et la souscription au capital, étapes indispensables pour devenir membre à part entière ", souligne le communiqué publié par le ministère des Finances.
ATIDI intervient dans l'assurance des investissements et des échanges commerciaux. L'institution mobilise plus de 8 milliards de dollars pour garantir ou assurer des opérations sur le continent. Pour la Centrafrique, son dispositif pourrait contribuer à réduire l'exposition des investisseurs et des partenaires commerciaux aux risques couverts par l'agence. Un enjeu qui rejoint directement la stratégie de Bangui visant à améliorer l'attractivité du pays auprès des apporteurs de capitaux.
Le gouvernement en est d'ailleurs convaincu. " L'adhésion de la Centrafrique offre un accès à des mécanismes sophistiqués de gestion des risques, renforçant la crédibilité du pays auprès des investisseurs et améliorant son climat des affaires. Elle témoigne aussi d'une volonté politique d'intégration régionale, de diversification des partenariats et de renforcement de la résilience économique nationale ", soutient le ministère des Finances.
Perton Biyiha
Publié le 06/07/26 18:19
La Rédaction
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