Quatre mois après son entrée à la cote, BGFI Holding revient déjà solliciter le marché financier régional, mais avec une opération nettement plus lourde. Du 15 septembre au 15 octobre 2026, la maison mère de BGFIBank veut lever 80,5 milliards FCFA par l'émission de 1 006 975 actions nouvelles à 80 000 FCFA l'unité. C'est près de 78% de plus que les 45,3 milliards mobilisés lors de la première phase, auprès de 7 601 investisseurs de 24 pays. Si cette nouvelle tranche est intégralement souscrite, les deux opérations auront permis de mobiliser 125,8 milliards FCFA. Mais derrière le changement d'échelle de BGFI, il y a également celui de la BVMAC dont le marché d'actions reste encore étroit. La banque ne se contente donc plus d'y lever des fonds, elle pèse désormais suffisamment lourd pour en modifier les principaux agrégats.
Les chiffres de sa première cotation donnent la mesure de cet effet d'entraînement. Le 7 mai 2026, l'arrivée de BGFI Holding avait fait passer le nombre de sociétés cotées à seulement sept, mais surtout porté la capitalisation du marché actions de 479,4 milliards à plus de 1 710 milliards FCFA, soit un bond de 257% en une seule opération. La valeur des actions effectivement accessibles au marché était parallèlement passée de 70,2 milliards à 120,5 milliards FCFA, en hausse de 72%. BGFI Holding devenait ainsi, dès son arrivée, la première capitalisation de la place. Autrement dit, une seule entreprise a suffi pour plus que tripler la taille affichée du marché actions de la CEMAC, révélant la puissance financière du nouvel entrant.
La deuxième levée peut accentuer cette concentration. BGFI veut porter de 3,85% à 10% la part de son capital détenue par le public et faire passer son nombre total d'actions de 14 728 385 à 15 735 360. Au prix de souscription maintenu à 80 000 FCFA, ce nouveau nombre de titres correspondrait mécaniquement à environ 1 259 milliards FCFA de valeur théorique sur la base du prix d'émission. Ce montant représente, à lui seul, plus de 2,6 fois les 479,4 milliards FCFA que pesait l'ensemble du marché actions de la BVMAC avant l'arrivée de BGFI en mai. En quelques mois, la BVMAC accueille un acteur dont la taille boursière potentielle dépasse très largement celle de la place qui l'accueillait avant son introduction.
L'effet dépasse ainsi largement la capitalisation. La première opération avait fait passer BGFI de 431 actionnaires issus de huit pays à 7 601 souscripteurs répartis dans 24 pays, dont le public avait acquis 71,3% des actions alors émises. La seconde met plus d'un million de titres supplémentaires sur le marché, soit près de 1,8 fois les 566 561 actions admises lors de la première cotation. Pour une Bourse longtemps confrontée au faible nombre de sociétés cotées et à la profondeur limitée de son compartiment actions, BGFI apporte donc simultanément une grande capitalisation, plusieurs milliers d'investisseurs et davantage de titres susceptibles d'être échangés.
Cette deuxième levée place par ailleurs BGFI et la BVMAC dans une relation presque symétrique. La holding utilise la place régionale pour financer son programme BGFI 2030, renforcer ses fonds propres et élargir son actionnariat, tandis que la BVMAC, elle, bénéficie d'un émetteur capable de changer instantanément ses ordres de grandeur. Après avoir triplé la capitalisation du marché lors de sa première cotation, BGFI lui apporte désormais une opération de 80,6 milliards FCFA, supérieure de 35,2 milliards à la précédente.
Idrissa Diakité
Publié le 15/09/26 20:08
La Rédaction
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