Fabien HOUNYOVI, Administrateur-directeur général d'UCA et promoteur du Salon régional de l'Actionnariat :
Le Salon a pour ambition de rapprocher citoyens et entreprises du marché des capitaux
L'épargne existe en Afrique de l'Ouest. Encore faut-il parvenir à la mobiliser au service des entreprises, des infrastructures et de la transformation économique. C'est tout l'enjeu de la deuxième édition du Salon régional de l'Actionnariat, organisée les 17 et 18 septembre 2026 à Cotonou autour du thème : " Actionnariat et souveraineté financière : mobiliser l'épargne pour accélérer la transformation économique ".
Porté par la SGI United Capital for Africa (UCA), en collaboration avec Dimensions Group, le rendez-vous ambitionne de rapprocher le marché régional des capitaux des citoyens et des entreprises. Culture boursière, financement des PME, introductions en Bourse, fintechs, OPC (OPCVM) et plans d'épargne seront au cœur des échanges. Dans cette interview, Fabien HOUNYOVI, administrateur-directeur général d'UCA, revient sur les ambitions de cette édition et défend une conviction : transformer davantage d'épargnants ouest-africains en actionnaires constitue un levier essentiel de souveraineté financière et de création de valeur locale.
UCA organise, les 17 et 18 septembre 2026 à Cotonou, la deuxième édition du Salon régional de l'Actionnariat. Quel bilan tirez-vous de la première édition et qu'est-ce qui vous a convaincu d'inscrire ce rendez-vous dans la durée ?
Pour apprécier le bilan de la première édition, il convient d'abord de rappeler les objectifs qui lui avaient été assignés. Le Salon régional de l'Actionnariat s'inscrivait dans une dynamique visant à renforcer la culture financière et à encourager la participation des citoyens comme des entreprises au développement du marché régional des capitaux.
Dans un environnement économique en profonde mutation, marqué notamment par la digitalisation des services financiers et l'émergence de nouveaux modes de financement, cette première édition a offert une plateforme de réflexion sur les enjeux présents et futurs de l'investissement en Afrique de l'Ouest. La forte mobilisation des acteurs du marché, des investisseurs, des dirigeants d'entreprise et des personnalités du monde économique nous permet de considérer que ces objectifs ont été atteints. Leur participation a donné au Salon une réelle visibilité et confirmé l'intérêt d'un tel rendez-vous.
Notre volonté d'inscrire le Salon dans la durée répond d'abord à la nécessité de poursuivre le développement de la culture financière dans l'UEMOA.
Notre volonté de l'inscrire dans la durée répond d'abord à la nécessité de poursuivre le développement de la culture financière dans l'UEMOA. Elle repose également sur une dimension historique : c'est à Cotonou, le 18 décembre 1996, que s'est tenue l'assemblée générale constitutive de la Bourse régionale des valeurs mobilières et du Dépositaire central/Banque de règlement. Le Bénin a donc toute la légitimité pour devenir un lieu de rencontre où les sociétés cotées et non cotées peuvent présenter leurs activités, valoriser leurs pratiques de gouvernance, exposer leurs performances et dialoguer avec les investisseurs dans le cadre d'un salon à vocation régionale.
Le Bénin a donc toute la légitimité pour devenir un lieu de rencontre où les sociétés cotées et non cotées peuvent présenter leurs activités, valoriser leurs pratiques de gouvernance, exposer leurs performances …
Cette deuxième édition est placée sous le thème " Actionnariat et souveraineté financière : mobiliser l'épargne pour accélérer la transformation économique ". Pourquoi avoir retenu ce thème et en quoi répond-il aux préoccupations actuelles des économies de l'UEMOA ?
Les économies africaines, à l'image de celles de la zone UEMOA, font face à un double impératif : accélérer leur transformation tout en renforçant leur autonomie financière. La réalisation des ambitions de développement de nos États, qu'il s'agisse du financement des infrastructures, de l'industrialisation, de l'essor des entreprises locales ou de l'émergence de champions régionaux, exige des ressources importantes, durables et davantage orientées vers l'économie réelle.
L'Afrique dispose d'un potentiel considérable (…), pourtant, une part encore trop importante de ces ressources reste insuffisamment mobilisée au service du financement à long terme des entreprises et des projets structurants.
Dans ce contexte, l'épargne constitue un levier stratégique. L'Afrique dispose d'un potentiel considérable, porté par les ménages, les entreprises, les investisseurs institutionnels, la diaspora et les autres acteurs économiques. Pourtant, une part encore trop importante de ces ressources reste insuffisamment mobilisée au service du financement à long terme des entreprises et des projets structurants.
Pour un citoyen, un entrepreneur ou un jeune investisseur, que signifie concrètement la souveraineté financière ? Comment l'actionnariat peut-il permettre aux populations de participer davantage au financement et à la création de valeur dans leurs propres économies ?
La souveraineté financière désigne la capacité d'un individu, d'une entreprise ou d'un pays à mieux maîtriser ses ressources financières et à financer son avenir en réduisant sa dépendance excessive aux capitaux extérieurs. À l'échelle d'une économie, elle suppose notamment de parvenir à mobiliser l'épargne locale pour soutenir les entreprises, les PME et les projets de développement.
L'actionnariat permet précisément de mettre une partie de cette épargne au service de l'investissement productif. En achetant des actions, le citoyen devient copropriétaire d'une entreprise et peut bénéficier de la valeur créée, notamment à travers les dividendes ou l'appréciation du titre. Il dispose également, selon la nature des actions détenues, d'un droit de vote lors des assemblées générales et peut ainsi participer aux grandes orientations de l'entreprise.
L'actionnariat transforme donc l'épargnant en acteur du financement et du développement de sa propre économie.
Ce mécanisme favorise une meilleure appropriation de la richesse produite localement. Une part plus importante de la valeur créée peut ainsi bénéficier aux épargnants de la région, au lieu de dépendre exclusivement de capitaux extérieurs. L'actionnariat transforme donc l'épargnant en acteur du financement et du développement de sa propre économie.
Le programme du Salon prévoit des interventions de décideurs publics, de régulateurs, de dirigeants d'entreprise et d'experts des marchés financiers. Quels seront les principaux temps forts de cette édition ?
Cette deuxième édition s'ouvrira par une cérémonie officielle réunissant notamment des représentants d'UCA, de la BRVM, de la Commission de l'UEMOA, de l'Autorité des marchés financiers de l'UMOA ainsi que du ministère de l'Économie et des Finances (du Bénin). Elle sera suivie d'une leçon inaugurale consacrée au marché financier, prononcée par Lionel Zinsou, président du comité scientifique du Salon.
La cérémonie d'ouverture sera marquée par une leçon inaugurale consacrée au marché financier prononcée par Lionel Zinsou, président du comité scientifique du Salon.
Le programme prévoit également plusieurs panels animés par des décideurs et des experts, des rencontres d'affaires en format B to B, des échanges directs entre entreprises et investisseurs, ainsi que la visite des stands des différents acteurs présents. Le dîner de gala constituera un autre moment privilégié de réseautage et de dialogue entre les participants.
À qui ce Salon s'adresse-t-il précisément ? Que pourront en retirer un particulier souhaitant découvrir la Bourse, un chef d'entreprise en quête de financement, un investisseur institutionnel ou encore un professionnel du secteur financier ?
Le Salon s'adresse à l'ensemble de l'écosystème financier régional : institutions financières, sociétés cotées ou non cotées, investisseurs institutionnels et particuliers, étudiants, chefs d'entreprise, experts et professionnels des marchés de capitaux.
Le Salon s'adresse à l'ensemble de l'écosystème financier régional : institutions financières, sociétés cotées ou non cotées, investisseurs institutionnels et particuliers, …
Un particulier souhaitant découvrir la Bourse pourra comprendre comment ouvrir un compte-titres, constituer et gérer un portefeuille, percevoir des dividendes ou réaliser une plus-value. Il pourra également mieux appréhender les risques associés à l'investissement boursier, car la démocratisation de l'actionnariat suppose autant de présenter ses opportunités que d'en expliquer les exigences.
Pour un chef d'entreprise en quête de financement, le Salon permettra de découvrir les différentes solutions offertes par le marché régional. Une entreprise peut y trouver des instruments pour mieux gérer sa trésorerie, renforcer ses fonds propres, préparer une ouverture de capital ou lever des ressources par l'émission de titres de dette.
Pour un chef d'entreprise en quête de financement, le Salon permettra de découvrir les différentes solutions offertes par le marché régional.
Les investisseurs institutionnels pourront, pour leur part, identifier de nouvelles opportunités de placement, rencontrer directement des entreprises et mieux apprécier leur potentiel. Quant aux professionnels du secteur financier, ils disposeront d'un cadre propice au partage d'expertise, au développement de partenariats et à la présentation de leurs solutions.
Le Salon consacrera également un plateau spécial à l'ouverture du capital de Bridge Bank et à celui de Dangote Refinery. Pourquoi avoir choisi de mettre ces opérations en lumière ?
Nous avons souhaité mettre ces opérations en lumière afin de présenter concrètement le processus d'une introduction en Bourse. L'ouverture du capital de Bridge Bank, tout comme celui de Dangote Refinery, constitue un cas d'actualité qui permet d'expliquer au public les différentes étapes d'une telle opération, ses enjeux pour l'entreprise et les possibilités qu'elle offre aux investisseurs. Ces plateaux spéciaux donneront également l'occasion de revenir, avec la banque et les parties prenantes, sur les principaux enseignements de telles transactions.
Nous aurons des sessions dédiées aux IPO Bridge Bank Côte d'Ivoire et Dangote Refinery.
Le numérique, les fintechs, les OPC (OPCVM) et les plans d'épargne figurent parmi les leviers étudiés. Quelles innovations pourraient, selon vous, accélérer réellement la démocratisation de l'investissement et rapprocher le marché financier du grand public ?
Tous ces instruments peuvent contribuer à rendre l'investissement plus accessible. Les solutions numériques et les fintechs permettent de simplifier les parcours d'entrée sur le marché, de réduire certaines contraintes opérationnelles et de rapprocher les produits financiers des populations, notamment des jeunes et des personnes éloignées des circuits traditionnels.
Les organismes de placement collectif en valeurs mobilières, ou OPCVM, offrent la possibilité d'investir de manière diversifiée sans avoir nécessairement à sélectionner soi-même chaque titre. Les plans d'épargne favorisent, quant à eux, la constitution progressive d'un capital grâce à des versements réguliers, y compris pour des montants relativement modestes. La combinaison de ces outils peut faciliter l'accès au marché, diffuser la culture de l'investissement et élargir durablement la base des épargnants.
Quelles recommandations ou décisions concrètes attendez-vous de cette deuxième édition ? Avez-vous prévu un mécanisme de suivi afin que les propositions formulées à Cotonou puissent déboucher sur des actions auprès des États, des régulateurs et des acteurs du marché ?
Nous attendons de cette deuxième édition qu'elle contribue à augmenter significativement le nombre d'actionnaires individuels, à renforcer la mobilisation de l'épargne et à accroître la contribution du marché financier au financement des économies régionales. Le Salon doit également favoriser de nouvelles introductions en Bourse, y compris sur le troisième compartiment destiné aux PME, et participer à l'élargissement de la base des investisseurs.
Notre ambition est que les échanges de Cotonou ne restent pas de simples déclarations d'intention, mais qu'ils puissent nourrir des initiatives concrètes à différents niveaux du marché régional.
La question du suivi est essentielle. C'est précisément pour faciliter la mise en œuvre des recommandations que les principaux acteurs concernés sont associés aux travaux : pouvoirs publics, régulateurs, institutions de marché, entreprises et professionnels de la finance. Leur présence doit permettre de recueillir directement les propositions, d'en apprécier la faisabilité et d'en faciliter la transmission aux autorités et organismes compétents. Notre ambition est que les échanges de Cotonou ne restent pas de simples déclarations d'intention, mais qu'ils puissent nourrir des initiatives concrètes à différents niveaux du marché régional.
Enfin, pourquoi un investisseur, un dirigeant d'entreprise, un décideur public ou un simple épargnant devrait-il absolument prendre part à cette édition 2026 du Salon régional de l'Actionnariat ?
La diversité et la portée des thématiques abordées font de cette édition un rendez-vous particulièrement utile pour l'ensemble des acteurs économiques. Les participants pourront assister à des présentations d'entreprises préparant une éventuelle introduction en Bourse, prendre part à des rencontres directes entre investisseurs et dirigeants, et échanger avec des agences de notation ainsi qu'avec des structures de garantie.
La diversité et la portée des thématiques abordées font de cette édition un rendez-vous particulièrement utile pour l'ensemble des acteurs économiques.
Les panels consacrés à la structuration financière et aux levées de fonds permettront également de mieux comprendre les solutions offertes par le marché des capitaux. Pour un épargnant, le Salon sera une occasion de découvrir les mécanismes de l'investissement. Pour une entreprise, il constituera une porte d'entrée vers de nouvelles sources de financement. Pour un investisseur ou un décideur public, il offrira un espace de dialogue sur les moyens de mobiliser davantage l'épargne régionale au service de la transformation économique. Participer à cette édition, c'est donc accéder à la fois à de l'information, à des opportunités d'affaires et à un réseau d'acteurs engagés dans le développement du marché financier régional.
Publié le 15/09/26 04:08
Jean Mermoz Konandi
SN
CEMAC