Trois mois après l'incident informatique, la cyberattaque contre le fisc français livre ses secrets. Selon des informations confirmées par le parquet de Paris, l'Office anti-cybercriminalité (OFAC) a arrêté, le 27 octobre 2026, dans les Bouches-du-Rhône, un suspect âgé de 16 ans dans le cadre de l'enquête sur le piratage massif de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP).
Surnommé "Casquette", cet adolescent a été présenté aux juges le lendemain et mis en examen pour accès frauduleux à un système d'État et vol de données en bande organisée. Il rejoint un premier suspect de 18 ans, connu sous le pseudonyme de "ChatNoir", interpellé en août. Tous deux seraient affiliés au groupe de pirates informatiques ZeroBytes.
Cette avancée judiciaire intervient alors que l'administration fiscale s'efforce toujours de contenir un piratage d'envergure nationale ayant exposé des centaines de milliers de contribuables.
L'affaire tire son origine d'intrusions clandestines détectées dès la fin du mois de juin 2026. En exploitant des identifiants professionnels volés à un agent de l'État, les cybercriminels ont réussi à s'introduire discrètement dans les serveurs de la DGFiP. Malheureusement, la réinitialisation du mot de passe effectuée le 24 juin n'a pas suffi, laissant la session du pirate active durant 16 heures supplémentaires.
L'administration subissait déjà les contrecoups d'un incident survenu en février, lors duquel l'accès à 1,2 million de comptes du Fichier national des comptes bancaires (FICOBA) avait été compromis. Cette fois, les vagues successives d'intrusions ont mené à l'extraction frauduleuse d'informations confidentielles appartenant à 678 000 particuliers et professionnels, ainsi qu'à la fuite de données foncières touchant plus de 2 millions de personnes.
De plus, ces données dérobées - comprenant le revenu fiscal de référence, le quotient familial et le taux de prélèvement à la source - font désormais planer une menace concrète d'escroqueries ciblées ou d'usurpations d'identité.
Face à la gravité des faits, la justice française s'emploie activement à démanteler le réseau criminel. Le premier suspect, âgé de 18 ans, demeure en détention provisoire depuis le 20 août. Son complice présumé de 16 ans a, quant à lui, été placé sous contrôle judiciaire, bien que son avocat conteste vivement cette décision.
Parallèlement aux poursuites pénales, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) a ouvert une procédure de contrôle afin d'évaluer la responsabilité de l'administration dans la protection insuffisante des données personnelles.
Anselme Akéko
Publié le 30/10/26 17:24
La Rédaction
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