À fin novembre 2025, les arriérés de la dette publique du Gabon atteignent 437,5 milliards FCFA, selon les données officielles de la Direction générale de la dette. Ce montant marque une progression de 166,2 milliards FCFA par rapport à décembre 2024. Dans un encours global de 8 547,2 milliards FCFA, la part des arriérés reste contenue en proportion. Mais leur dynamique constitue un indicateur de tension budgétaire. Les arriérés ne traduisent pas une insolvabilité, mais plutôt un décalage entre engagements et capacité immédiate de paiement.
Dans le détail, les arriérés se répartissent entre 206,1 milliards FCFA d'échéances courantes impayées et 231,3 milliards FCFA d'échéances anciennes. Les arriérés extérieurs sur échéances courantes représentent 154,3 milliards, tandis que les arriérés intérieurs courants s'élèvent à 51,8 milliards. S'y ajoutent 183,7 milliards d'arriérés extérieurs anciens. Cette structure montre que la pression concerne à la fois les créanciers domestiques et internationaux. Le phénomène n'est donc pas circonscrit à une seule catégorie d'engagements.
Rapporté à l'encours total, le stock d'arriérés représente environ 5,1 % de la dette publique. Ce ratio demeure inférieur aux niveaux observés lors de précédentes phases de tension budgétaire dans la région. Toutefois, son augmentation rapide en 2025 interroge. Elle intervient dans un contexte où le service de la dette exécuté atteint déjà 1 835,9 milliards FCFA en onze mois. Autrement dit, malgré un effort massif de remboursement, la trésorerie reste contrainte avec un État qui paie beaucoup, mais doit arbitrer.
Les arriérés constituent souvent un mécanisme d'ajustement temporaire. Ils permettent de lisser la pression de liquidité à court terme. Mais leur accumulation prolongée peut affecter la crédibilité financière. Sur le segment extérieur, elle peut renchérir les conditions de refinancement futures. Sur le segment intérieur, elle peut peser sur la confiance des investisseurs et partenaires économiques. À ce stade, le Gabon ne se trouve pas dans une situation de rupture de paiement, mais leur progression souligne le fait que la dynamique d'endettement et le rythme élevé du service de la dette exercent une pression continue sur la trésorerie publique.
Publié le 13/02/26 13:00
La Rédaction
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CEMAC