Sept mois après la rupture avec l'indien Afcons Infrastructure, le chantier de la Transgabonaise redémarre sur le tronçon PK24-PK40 avec le groupe chinois CRBC. Cette reprise intervient après la résiliation, en février 2026, du contrat portant sur la modernisation d'environ 117 kilomètres de route entre le PK24 et le PK105. Le changement d'entreprise replace de facto au centre, la question du calendrier d'exécution d'un axe essentiel pour les déplacements entre Libreville et l'intérieur du pays.
Le marché confié à Afcons représentait 113,03 millions d'euros, soit plus de 74 milliards FCFA. Dans une déclaration réglementaire publiée après la rupture du contrat, le groupe indien indiquait pourtant avoir atteint un taux d'avancement de 93,47% au 31 décembre 2025. Il évoquait également des difficultés liées à la libération de certaines emprises nécessaires à la poursuite des travaux. Des chiffres qui permettent de mesurer l'ampleur des travaux déjà réalisés, mais aussi le poids des opérations restant à achever après la résiliation.
Les autorités gabonaises avaient de leur côté justifié la résiliation par des manquements techniques et financiers. La Société Autoroutière du Gabon avait également engagé plusieurs procédures liées aux garanties du contrat. Afcons avait indiqué en janvier 2026 que des garanties d'un montant de 17,85 millions d'euros, soit près de 11,7 milliards FCFA, avaient été appelées. La rupture du marché a donc également ouvert un volet financier et contractuel qui va au delà de la seule reprise physique du chantier.
Avec CRBC, le gouvernement veut désormais relancer le chantier à un rythme permettant une livraison finale annoncée pour décembre 2027. La reprise concerne dans un premier temps le PK24-PK40, l'une des sections les plus fréquentées de l'entrée de Libreville, où les travaux d'élargissement et de sécurisation doivent accompagner l'augmentation du trafic. Ce tronçon concentre une partie importante des déplacements quotidiens vers la capitale et constitue un passage obligé pour les flux routiers venant de l'intérieur du pays.
Cette relance reste toutefois liée à un problème déjà rencontré lors du précédent contrat : la disponibilité des emprises. Les autorités ont annoncé la démolition des constructions situées sur le tracé afin d'éviter de nouveaux blocages. Après plusieurs années de travaux et un changement de constructeur, il s'agira désormais de transformer la reprise du chantier en progression effective sur l'axe. Le respect du calendrier dépendra autant de la capacité de CRBC à tenir le rythme que de la faculté des autorités à sécuriser durablement les emprises nécessaires aux travaux.
Idrissa Diakité
Publié le 28/09/26 15:00
La Rédaction
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