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Gabon : Ces filières identifiées comme leviers d'exportation vers les marchés africains

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La récente visite du secrétariat général de la ZLECAF à Libreville a débouché sur un cadrage sectoriel précis. Quatre filières prioritaires ont été identifiées pour permettre au Gabon de tirer parti du marché continental : la transformation du bois, l'agroalimentaire, l'industrie pharmaceutique et la fabrication de composants automobiles. Des choix qui correspondent aux capacités productives de la ZES de Nkok et aux besoins structurels des marchés africains. Les données du premier trimestre 2026 publiées par la BEAC donnent d'ailleurs à cette ambition un ancrage chiffré.

La transformation du bois est la filière la plus avancée. Les grumes ont atteint 299,8 dollars le mètre cube au premier trimestre 2026, leur plus haut niveau depuis le début de la série couverte par la note BEAC, et les sciages se maintiennent à 646 dollars le mètre cube. Premier producteur africain de contreplaqués tropicaux et deuxième exportateur mondial, le Gabon dispose d'un socle industriel rare sur le continent. La redirection d'une partie de ces flux vers les marchés africains, aujourd'hui quasi absents du carnet de commandes, reste conditionnée à la résolution des contraintes logistiques, dont la mise en service attendue du poste frontalier de Kye-Ossi.

L'agroalimentaire est la filière à plus fort potentiel de montée en gamme. Les cours mondiaux de trois produits transformables au Gabon progressent simultanément au premier trimestre 2026 : huile de palme à 1 049 dollars la tonne (+4,8 %), caoutchouc à 2,26 dollars le kilogramme (+11,4 %), banane à 1,12 dollar (+0,9 %), selon la BEAC. Les unités agro-industrielles de Nkok, dont la capacité excède la demande domestique, sont de facto, structurellement positionnées pour capter une demande continentale en produits transformés qui ne cesse de progresser.

Le secteur pharmaceutique et les composants automobiles sont les paris de moyen terme identifiés. Sur ce dernier segment, l'aluminium a bondi de 12,9 % à 3 193 dollars la tonne au premier trimestre 2026, tiré par la demande mondiale en véhicules électriques et les infrastructures de transition énergétique. Un marché en forte croissance que la zone de Nkok pourrait également anticiper. Par ailleurs, les secteurs manufacturier et agroalimentaire devraient représenter 48 à 50 % des échanges intra-africains en 2026, contre 46 % en 2025 selon les données de l'African Trade Economic Outlook 2026 publiées par la Banque africaine d'import-export (Afreximbank).

Idrissa Diakité

 

Publié le 22/06/26 10:41

La Rédaction

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