La Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de cacao, franchit une nouvelle étape dans sa quête d'une filière plus durable et résiliente. En effet, l'INP-HB, Institut national polytechnique-Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro et la prestigieuse Université Harvard des Etats-Unis, veulent engagés des discussions en vue d'un partenariat scientifique majeur centré sur la cacao-culture et les défis du changement climatique.
C'est dans ce cadre que l'INP-HB a accueilli ce 18 juin, une délégation de l'Université Harvard, à l'occasion d'une visite destinée à jeter les bases d'une collaboration académique et scientifique durable. Cette mission s'inscrit dans le cadre d'une subvention accordée par le Motsepe Presidential Research Accelerator Fund for Africa, Fonds présidentiel Motsepe dédié à l'accélération de la recherche en Afrique, à une équipe internationale de chercheurs qui pilote le projet intitulé : ‘'Towards a Cocoa Producer-Focused Climate Policy in Côte d'Ivoire and Ghana''.
Cette coopération, qui associe l'une des plus grandes institutions d'enseignement supérieur d'Afrique de l'Ouest à l'une des universités les plus réputées au monde, pourrait ouvrir une nouvelle ère dans la recherche appliquée à la filière cacao, en plaçant le producteur au cœur des politiques publiques et des innovations scientifiques.
L'objectif est ambitieux et vise à analyser l'impact du changement climatique sur les producteurs de cacao en Côte d'Ivoire et au Ghana, afin de proposer des politiques publiques plus adaptées aux réalités du terrain. L'INP-HB a salué cette initiative qui permettra à l'établissement ivoirien de renforcer ses relations avec les institutions nord-américaines et d'accroître son rayonnement scientifique à l'échelle internationale. Au-delà de la dimension académique, ce projet porte une vision nouvelle de la cacao-culture.
L'ambition du partenariat entre Harvard et l'INP-HB est de contribuer à un véritable changement de paradigme dans la gouvernance de la filière cacao. L'idée est de placer le producteur au centre de toutes les initiatives. Les échanges entre les différentes parties ont permis d'identifier plusieurs priorités, parmi lesquelles la nécessité de mieux prendre en compte la perception des producteurs dans la conception des politiques agricoles, de garantir une meilleure répartition de la valeur créée au sein de la chaîne et de raccourcir les circuits d'information afin de rendre les interventions publiques plus efficaces.
Dans cette approche, le paysan n'est plus considéré comme un simple maillon de la chaîne de production, mais comme un acteur stratégique dont la productivité et le bien-être conditionnent la pérennité de toute la filière. En associant l'expertise internationale d'Harvard à la connaissance du terrain et au savoir-faire de l'INP-HB, ce partenariat pourrait contribuer à bâtir des solutions innovantes et adaptées aux réalités africaines.
Publié le 20/06/26 22:12
Narcisse Angan
SN
CEMAC