menu mobile
L’information économique au cœur des marchés africains

RDC : 16,7 milliards USD à mobiliser chaque année jusqu'en 2030 pour financer le développement

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ferme dans 3h49min

 

La République démocratique du Congo devra mobiliser au moins 16,7 milliards USD supplémentaires par an jusqu'en 2030 pour financer sa transformation économique. C'est l'une des principales conclusions du Rapport pays 2026 de la Banque africaine de développement (BAD), qui estime que cet effort est indispensable pour accélérer l'industrialisation et combler le sous-investissement dans plusieurs secteurs stratégiques.

Selon la Banque, ces besoins de financement concernent en priorité l'éducation, la santé, l'énergie, les infrastructures de transport et de logistique, ainsi que l'agriculture. Ces secteurs continuent de souffrir d'un déficit d'investissements, alors même qu'ils sont considérés comme les principaux leviers de croissance, de création d'emplois et de transformation de l'économie.

Toutefois, la capacité de l'État à financer ces investissements reste limitée par une marge de manœuvre budgétaire réduite et un système de financement encore peu développé. " Sur le plan macro-budgétaire, bien que le déficit reste inférieur à 3 % du PIB, en dépit de la hausse des dépenses sécuritaires, traduisant un ajustement sous forme d'éviction des dépenses sectorielles productives, le financement du déficit est limité par la faible profondeur du marché des titres publics, caractérisé par l'absence de marché secondaire, des coûts élevés et des maturités courtes ", indique la BAD.

À ces contraintes s'ajoute une faible mobilisation des recettes publiques, qui demeurent inférieures à 15 % du PIB, ainsi qu'un système financier insuffisamment développé, limitant la capacité du pays à mobiliser des ressources domestiques pour financer son développement.

Un investissement public jugé peu efficace

Au-delà du défi de la mobilisation des ressources, la BAD estime que la RDC dispose également d'une importante marge de progression dans la qualité de ses dépenses publiques. " Le score d'efficacité de l'investissement public en RDC, estimé à 0,46, indique un niveau d'efficacité inférieur à la moyenne africaine (0,59). Cela implique un écart d'efficacité d'environ 53,7 %, signifiant que sur 100 US$ investis par l'État, près de 54 US$ ne se traduisent pas en capital productif effectif. Cet écart, plus important que la moyenne continentale (41 %), reflète des contraintes persistantes dans les différentes phases du cycle de l'investissement public, notamment la planification, la sélection, l'exécution et le suivi des projets ", souligne la Banque.

Pour réduire le déficit annuel de financement, la BAD recommande en priorité de renforcer la mobilisation des recettes intérieures, notamment par l'élargissement de l'assiette fiscale, la réduction des exonérations et l'amélioration du recouvrement des impôts. L'institution préconise également d'accroître l'épargne domestique afin d'orienter davantage de ressources nationales vers les investissements productifs.

La Banque appelle par ailleurs à un approfondissement des marchés financiers, à travers le développement du marché des titres publics, la création d'un véritable marché secondaire et la mise en place de financements de long terme. Elle recommande aussi la création d'instruments spécialisés, tels que des mécanismes de garantie, des véhicules d'investissement dédiés, ainsi qu'une caisse des dépôts ou une banque de développement et d'investissement.

La BAD estime également que les partenariats public-privé (PPP) devront jouer un rôle plus important dans le financement des infrastructures. Elle encourage aussi une mobilisation accrue des financements climatiques, le développement de mécanismes innovants adossés au capital naturel du pays et une réorientation du crédit bancaire vers les PME et les secteurs productifs grâce à des garanties de crédit, un cadre juridique stable et des instruments de financement de long terme.

Pour l'heure, le Rapport pays 2026 souligne toutefois que les PPP restent freinés par des obstacles institutionnels et techniques, malgré l'existence d'un cadre légal.

" La performance du pipeline PPP reste modeste. Peu de projets atteignent la clôture financière, et ceux qui avancent sont concentrés dans un nombre limité de secteurs, notamment l'énergie et les infrastructures de transport. Les principaux goulots d'étranglement concernent la préparation insuffisante des projets, les incertitudes sur la soutenabilité budgétaire des engagements PPP, la faiblesse des mécanismes de gestion des risques contingents et la perception élevée du risque pays ", précise le document.

À l'horizon 2030, la Banque estime notamment que la RDC devra porter progressivement sa pression fiscale de 13 % vers son potentiel estimé à 24 % du PIB. Elle insiste également sur la nécessité de mettre en place un système de financement du développement plus intégré, capable de mieux mobiliser les ressources publiques et privées afin de soutenir durablement les investissements dans les secteurs prioritaires de l'économie.

Perton Biyiha 

Publié le 07/08/26 09:43

La Rédaction

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

lWxTKOpHEi25lfSccrZAWGFpnmYXuNmSC3-xuOW_8MY False