Le Fonds international de développement agricole (FIDA) a publié son nouveau rapport révélant que les transferts de fonds des migrants ont atteint 728,6 milliards USD à l'échelle mondiale en 2025. Ce volume financier exceptionnel dépasse de plus de quatre fois le montant de l'aide publique au développement globale et surpasse les investissements étrangers directs (IDE) destinés aux pays à revenu faible ou intermédiaire.
Selon le rapport, l'accélération de ce phénomène s'explique principalement par la numérisation des services financiers, qui permet un acheminement plus rapide, plus simple et moins coûteux de l'argent. Bien que l'essor du numérique améliore la rapidité et la réduction des frais, il n'assure pas automatiquement l'intégration financière de tous les usagers et ne supprime pas totalement l'usage de l'argent liquide.
Sur ce total mondial, près d'un tiers, soit environ 233 milliards USD, a approvisionné les zones rurales, soutenant directement les économies locales et la production agricole. À l'échelle du continent africain, les flux financiers ont bondi de 86% pour s'établir à 124,2 milliards USD.
Le Nigeria et l'Égypte en tête des volumes reçus
L'analyse des dix pays africains à revenu faible ou intermédiaire recevant les volumes les plus élevés fait ressortir de fortes disparités régionales. Le Nigeria domine largement le classement sur le continent en captant 22 789 millions USD de transferts de fonds. Ce qui équivaut à 8% de ses exportations et 8% de son produit intérieur brut (PIB), avec une hausse de 16% observée entre 2016 et 2025 et des coûts d'envoi non bancaires s'élevant à 3,6%.
L'Égypte enregistre également un volume considérable avec 41 517 millions USD reçus. Ce montant représente 57% de la valeur totale de ses exportations et 11% de son PIB. Malgré une progression de 123% enregistrée au cours de la période 2016-2025, le coût moyen d'envoi d'argent vers l'Égypte par le biais de canaux non bancaires s'établit à 3,8%.
Le Maroc et le Sénégal affichent une forte progression
En Afrique du Nord, le Maroc se distingue par des entrées financières s'élevant à 13 657 millions USD, soit 18% des exportations nationales et 7% du PIB. La nation enregistre une hausse de 114% de ses flux entrants depuis 2016, assortie de frais de transfert non bancaires fixés à 4%.
Pour sa part, le Sénégal comptabilise 3 267 millions USD d'entrées de fonds, un volume qui pèse pour 27% dans le total de ses exportations et 11% dans son PIB. Le pays affiche un taux de croissance des transferts de 65% sur la période étudiée, avec des frais non bancaires très compétitifs de 2,3%.
Les économies d'Afrique de l'Est et du Centre
Dans la Corne de l'Afrique, l'Éthiopie cumule 7 138 millions USD de transferts entrants. Cela correspond à 43% de ses exportations et 5% de son PIB. Les flux vers ce territoire ont connu une progression spectaculaire de 824% depuis 2016, pour des coûts de transfert non bancaires s'élevant à 4,2%.
Au Kenya voisin, les fonds reçus s'élèvent à 5 000 millions USD, comptant pour 23% des exportations et 4% du PIB, avec une croissance de 187% et des frais de 5,6%. La République Démocratique du Congo (RDC) a perçu 3 318 millions USD, représentant 8% de ses exportations et 4% du PIB, marquant une hausse de 459% sur dix ans et un coût d'envoi de 3,2%.
Afrique australe et de l'Ouest
En Afrique australe, le Zimbabwe enregistre 3 510 millions USD d'apports extérieurs, équivalant à 47% de ses exportations et 8% du PIB, avec une progression de 89% et des coûts d'envoi évalués à 7,3%. La Tunisie perçoit 3 257 millions USD, représentant 12% de ses exportations et 6% de son PIB, soit une hausse de 79% et des frais de 4,3%.
Enfin, le Ghana comptabilise 2 423 millions USD d'entrées financières, pesant 8% dans ses exportations et 2% dans son PIB. Contrairement aux autres nations du top 10, le Ghana affiche un repli de 19% de ses flux sur la période 2016-2025, tandis que le coût de transfert moyen via les réseaux non bancaires se fixe à 4,4%.
Dynamique positive pour la Côte d'Ivoire
La Côte d'Ivoire s'inscrit également dans cette dynamique de croissance des flux financiers en Afrique de l'Ouest. En 2025, le pays a enregistré 1 771 millions USD de transferts de fonds en provenance de sa diaspora.
Ce qui représente 6% de la valeur totale de ses exportations et 2% de son PIB. Entre 2016 et 2025, les envois de fonds vers la Côte d'Ivoire ont connu une hausse très marquée de 417%, tandis que le coût moyen d'envoi d'argent via des canaux non bancaires s'établit à 4%.
Anselme Akéko
Publié le 21/09/26 14:55
La Rédaction
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