Le Conseil des ministres du 25 juin 2026 a soumis au Parlement le projet de loi autorisant la ratification du Comprehensive Economic Partnership Agreement (CEPA) signé le 6 février 2026 à Abu Dhabi entre le Gabon et les Émirats Arabes Unis. Cet accord institue une zone de libre-échange bilatérale articulée autour de quatre piliers : réduction des barrières tarifaires, transfert de technologies, facilitation des procédures douanières et soutien aux petites et moyennes entreprises. Pour le Gabon, c'est une reconnaissance internationale de la crédibilité retrouvée du pays sur la scène économique mondiale. Sa ratification par le Parlement ouvrira formellement la voie à une libéralisation et à une expansion du commerce des biens et des services dans l'intérêt commun des deux économies.
La dynamique commerciale préexistante à cet accord est encourageante. En 2025, les échanges non pétroliers bilatéraux avaient déjà atteint 320,7 millions de dollars, plus du double du niveau de 2021, confirmant une trajectoire ascendante solidement ancrée avant même l'entrée en vigueur du CEPA. Ce résultat démontre que la relation économique entre Libreville et Abu Dhabi repose sur des fondamentaux réels, au-delà des déclarations d'intention. Les discussions entre les deux parties ont porté sur des secteurs jugés prioritaires par l'exécutif gabonais : infrastructures, logistique, économie numérique, investissements industriels et valorisation des ressources naturelles. Des mémorandums d'entente parallèles ont également été conclus dans les secteurs minier, avec la société ADMOG GOLD pour l'exploration aurifère et numérique, élargissant le spectre de la coopération bien au-delà du seul volet commercial.
Pour le tissu économique gabonais, le CEPA ouvre des perspectives concrètes. L'accès préférentiel au marché émirati bénéficiera en priorité aux filières dans lesquelles le Gabon dispose d'avantages comparatifs avérés : manganèse transformé, bois certifié, caoutchouc naturel, huile de palme et crédits carbone. L'accord met particulièrement l'accent sur les mines et l'énergie, avec une facilitation des investissements dans l'extraction et la transformation locale des ressources. Un signal direct aux opérateurs du secteur extractif qui cherchent à diversifier leurs débouchés commerciaux. Par ailleurs, les EAU constituent l'un des hubs logistiques et financiers les plus actifs au monde, ce qui offre aux exportateurs gabonais une porte d'entrée vers les marchés asiatiques et du Golfe via la plateforme de Dubaï.
Pour les investisseurs, le CEPA ouvre des perspectives concrètes de valorisation. Les fonds souverains émiratis, dont les actifs sous gestion sont parmi les plus importants au monde, cherchent activement à déployer des capitaux en Afrique subsaharienne dans les secteurs des infrastructures, de la logistique et de l'économie verte et le Gabon figure désormais parmi leurs partenaires formellement identifiés. La structuration d'un cadre douanier prévisible et harmonisé réduit par ailleurs les coûts de transaction pour les entreprises des deux pays, un facteur décisif pour les PME gabonaises qui souhaitent accéder aux circuits de distribution émiratis.
Idrissa Diakité
Publié le 26/06/26 11:06
La Rédaction
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