Alors que le Gabon attend toujours de concrétiser un nouvel accord avec le FMI, Libreville cherche à accélérer sur le front des financements de la Banque mondiale. Ce Jeudi 3 septembre, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a demandé au nouveau représentant résident du Groupe, Sylvain Kakou, de mieux aligner les projets financés par l'institution sur les priorités immédiates du pays. Eau, électricité, développement urbain, numérique et secteurs sociaux sont désormais placés au premier rang. Le message du gouvernement est que les ressources mobilisées doivent se transformer plus rapidement en réalisations visibles.
Le sujet n'est pas tant de repartir de zéro que de mieux exploiter les financements déjà disponibles. La Banque mondiale a engagé ces dernières années plusieurs centaines de millions de dollars dans le pays, notamment dans les infrastructures et les services de base. En février 2026, elle a par exemple approuvé 150 millions de dollars pour améliorer l'accès à l'eau, à l'assainissement et à l'électricité. Un autre financement de 150 millions de dollars est consacré au développement urbain. Désormais c'est la question de la vitesse d'exécution et de la capacité de l'administration à faire avancer simultanément ces différents chantiers qui se pose.
Cette pression est particulièrement forte dans l'eau et l'électricité, deux secteurs où les besoins restent importants malgré les investissements engagés. Le projet approuvé en février doit notamment intervenir dans 42 localités. Dans les villes, l'enjeu est également d'accompagner une urbanisation rapide par de meilleurs équipements et services publics. Hermann Immongault veut ainsi déplacer le débat du volume des financements vers leurs résultats : " chaque franc CFA " mobilisé par la dette et dépensé sur le terrain doit, selon lui, répondre à une préoccupation sociale et produire un impact " réel et indiscutable ".
Cette volonté intervient à un moment délicat pour les finances publiques. Le Gabon doit continuer à financer ses infrastructures tout en cherchant à restaurer ses marges budgétaires et à maîtriser un endettement devenu plus lourd à porter. Les discussions avec le FMI donnent à cette équation une importance supplémentaire : toute consolidation des finances publiques devra composer avec les besoins considérables du pays en matière d'équipements. Libreville cherche donc à faire davantage avec les ressources déjà mobilisées, en privilégiant les projets capables d'améliorer rapidement les services essentiels et de soutenir l'activité économique.
Reste l'obstacle de l'exécution. Le gouvernement reconnaît lui-même des problèmes de coordination entre administrations, des projets conduits en silos et parfois des chevauchements qui ralentissent leur mise en œuvre. C'est là que la relation avec la Banque mondiale est appelée à évoluer. Avec l'ivoirien Sylvain Kakou désormais à la tête d'une représentation couvrant à la fois la Banque mondiale, l'IFC et la MIGA, Libreville dispose aussi d'une possibilité d'associer davantage les capitaux privés aux investissements prévus par le PNCD 2026-2030. En attendant l'éventuel retour du FMI, le gouvernement veut donc tirer davantage de son partenariat avec la Banque mondiale : non seulement trouver des financements, mais surtout les diriger vers les urgences et les faire arriver plus vite sur le terrain.
Idrissa Diakité
Publié le 04/09/26 12:47
La Rédaction
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