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Gabon: Face à un coût du crédit à 21% au 2e trimestre 2026, la médiation financière ouvre un recours sur les frais bancaires

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Le Gabon est devenu ce 26 octobre 2026, le premier pays de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) à rendre opérationnel un mécanisme de médiation financière. Ce dispositif permettra aux particuliers et aux entreprises de rechercher un règlement amiable de leurs différends avec les établissements financiers. Sa mise en service survient dans un contexte de coût élevé du crédit au Gabon, où le taux effectif global moyen atteignait 21,51% au deuxième trimestre 2026, contre 10,99% dans l'ensemble de la CEMAC, selon les dernières données de la Banque centrale.

L'enjeu concerne notamment les frais appliqués aux emprunteurs. Dans son rapport sur l'évolution des taux débiteurs au deuxième trimestre 2026, la BEAC relève que les charges et commissions représentent en moyenne 41,24% du taux effectif global des prêts au Gabon, contre 31,96% à l'échelle communautaire. Leur poids atteint 45,18% pour les PME et 72,48% pour les grandes entreprises. Ces dernières supportent un taux effectif global moyen de 31,16%, contre 15,71% pour les PME et 17,77% pour les particuliers. Ces données placent les conditions tarifaires, la compréhension des contrats et la facturation des services bancaires parmi les enjeux du nouveau mécanisme de médiation.

Organisée dans le cadre du Comité national économique et financier (CNEF), la médiation financière est accessible gratuitement après une première réclamation auprès de l'établissement concerné. Elle couvre les différends relatifs aux frais bancaires, aux opérations de paiement, aux virements, aux incidents de remboursement ainsi qu'aux services de microfinance. Son champ comprend également les assurances et les intermédiaires des marchés financiers. Axcèle Saturnin Kissangou-Mouele, nommé médiateur financier en juin 2026, est donc chargé de favoriser la recherche de solutions amiables entre les parties. Le mécanisme privilégie la conciliation et la résolution des désaccords contractuels.

L'efficacité du dispositif sera désormais appréciée à partir de son utilisation effective par les clients et les établissements financiers. Le nombre de réclamations reçues, les délais de traitement, la proportion de dossiers réglés à l'amiable et la nature des différends permettront d'évaluer son apport à la protection des usagers. Lors de la cérémonie, le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, a d'ailleurs rappelé que " la valeur d'un tel dispositif se mesure à ses résultats, non à l'inauguration du jour ". Pour le Gabon, où les frais annexes occupent une place importante dans le coût du financement bancaire, le traitement des contestations tarifaires constituera l'un des premiers indicateurs à suivre.

Idrissa Diakité

Publié le 26/10/26 18:00

La Rédaction

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