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Gabon : Face aux pressions de la CEMAC, Libreville valide un plan de désendettement de 1 309 milliards FCFA

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Le gouvernement gabonais intègre la viabilité de la dette au cœur de sa stratégie budgétaire révisée pour l'exercice économique 2026. Soumis aux critères de surveillance multilatérale de la CEMAC et anticipant les discussions structurelles avec le Fonds Monétaire International (FMI), l'exécutif formalise un virage vers l'orthodoxie financière. L'adoption du projet de loi de finances rectificative (PLFR) marque la volonté de rompre avec l'accumulation passive des passifs pour basculer vers un pilotage rigoureux de l'encours souverain.

Le marqueur central de cette politique de désendettement est le volume historique alloué au service de la dette en capital. Sur une enveloppe globale de charges de trésorerie arrêtée à 1 336,2 milliards FCFA soit 2,336 milliards de dollars US dans le budget rectifié, le Trésor public consacre précisément 1 309,2 milliards FCFA soir 2,289 milliards de dollars US au seul remboursement du principal de la dette. Ce ciblage massif des liquidités disponibles restreint la marge de manœuvre budgétaire courante, mais reste indispensable pour éviter tout défaut de paiement et préserver la signature financière de la République.

En parallèle du remboursement du capital, le coût d'opportunité de l'endettement passé pèse lourdement sur les charges de fonctionnement de l'État. Les charges financières de la dette, correspondant aux intérêts exigibles sur les emprunts contractés, bondissent à 487,6 milliards FCFA soit environ 852,6 millions de dollars US. Cette augmentation de 67,7 milliards FCFA par rapport aux 419,8 milliards FCFA initialement provisionnés met en lumière l'impact mécanique du relèvement des taux d'intérêt et du coût de refinancement sur les marchés obligataires internationaux et régionaux.

Pour refinancer ses échéances sans rompre ses équilibres, le Gabon s'appuie sur une enveloppe globale de ressources de trésorerie et de financement réévaluée à 2 251,8 milliards FCFA soit 3,937 milliards de dollars US. Ce montant, en hausse de 65,5 milliards FCFA par rapport aux prévisions initiales, confirme la dépendance de l'État aux levées de fonds sur le marché des titres publics de la CEMAC. Pour sécuriser les investisseurs bancaires, le gouvernement maintient son hypothèse technique d'un taux de change du dollar américain stabilisé à 571,9 FCFA, limitant le risque de change sur la dette extérieure.

 

Publié le 23/05/26 12:26

La Rédaction

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