Le coût des produits alimentaires importés au Gabon ne dépend pas uniquement du prix d'achat ou du transport international. Sur le corridor reliant la frontière camerounaise à Libreville, les contrôles, les arrêts et les barrières commerciales peuvent représenter jusqu'à 14% du prix final de certaines denrées, selon des travaux de la Banque mondiale consacrés au commerce agricole en Afrique centrale. Un niveau suffisamment élevé pour transformer les difficultés logistiques en facteur direct de renchérissement de l'alimentation.
L'institution avait notamment recensé 44 points de contrôle entre la frontière camerounaise et Libreville. Pour un camion transportant des marchandises vers la capitale gabonaise, ces différentes étapes pouvaient générer plus de 15 heures de retard, auxquelles s'ajoutaient les coûts liés aux contrôles et aux différentes formalités rencontrées sur le parcours. La multiplication des arrêts allonge ainsi le temps de transport et réduit le nombre de rotations que peuvent effectuer les transporteurs.
Alors que le Gabon reste fortement dépendant des importations alimentaires, cette accumulation de coûts pèse directement sur les prix payés par les ménages. Les produits agricoles venus du Cameroun supportent ainsi, avant même leur arrivée sur les marchés de Libreville, une série de charges qui s'ajoutent au transport, au carburant, à la manutention et aux marges commerciales. Ces coûts supplémentaires sont ensuite intégrés dans le prix de vente afin que les opérateurs puissent préserver leurs marges.
La difficulté ne se limite ainsi pas à l'état des routes. La fluidité des échanges dépend aussi du nombre de contrôles, du temps passé aux différents points d'arrêt et des procédures appliquées aux transporteurs. Même lorsqu'une infrastructure routière est améliorée, une partie du gain peut être absorbée si les délais et les coûts administratifs restent élevés. La compétitivité du corridor dépend donc autant de la qualité de la route que de la rapidité avec laquelle les marchandises peuvent y circuler.
La réduction de ces obstacles constitue un levier direct identifié sur le coût de la vie. Sur un marché où une part importante des denrées consommées est importée, chaque diminution des délais et des charges supportés sur les corridors peut réduire le coût d'acheminement jusqu'à Libreville et améliorer la compétitivité des circuits d'approvisionnement. L'enjeu touche à la fois les transporteurs, les commerçants et, au bout de la chaîne, les ménages qui absorbent l'essentiel de ces surcoûts dans leurs dépenses alimentaires.
Publié le 28/09/26 14:52
La Rédaction
SN
CEMAC