La coopération minière entre le Gabon et les Émirats arabes unis entre dans sa phase opérationnelle. En visite à Libreville, le ministre émirati du Commerce extérieur, Thani Bin Ahmed Al Zeyoudi, a échangé avec le ministre des Mines Sosthène Nguema Nguema, dans le prolongement des accords signés à Abu Dhabi par le président Oligui Nguema. Il s'agit désormais de passer des protocoles diplomatiques à une structuration concrète de la filière aurifère.
Au cœur des discussions, la valorisation du potentiel aurifère national. Le gouvernement a mis sur la table le cadastre minier et, surtout, les failles du dispositif actuel de contrôle, notamment dans l'or alluvionnaire. L'exploitation artisanale et semi-mécanisée, difficile à tracer, alimente des circuits parallèles et réduit la captation des recettes publiques. Les partenaires émiratis se positionnent à la fois sur l'or primaire et sur l'or alluvionnaire, avec un intérêt pour les zones à fort potentiel encore sous-exploitées.
L'axe structurant du partenariat repose sur la traçabilité. Libreville veut déployer un système moderne d'estampillage des lingots via un code QR permettant d'identifier l'origine du métal et d'en suivre la commercialisation. Il s'agit à terme de réduire les fuites, sécuriser les volumes déclarés et restaurer la crédibilité du circuit formel.
La réforme de l'orpaillage artisanal constitue l'autre chantier. Le modèle actuel de cartes individuelles montre ses limites en matière de contrôle et de collecte. Le gouvernement envisage une bascule vers un système coopératif, sous supervision renforcée de l'administration minière et en partenariat avec les opérateurs. Les équipes techniques gabonaises et émiraties doivent désormais définir les zones prioritaires et le calendrier d'exécution. A noter que les exportations d'or de la zone CEMAC, portées par le Gabon, sont projetées à 5,5 tonnes en 2025, marquant une hausse de 100 % selon la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC).
Idrissa Diakité
Publié le 17/02/26 19:14
La Rédaction
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