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Gabon : La Chine lorgne de nouveau les infrastructures de Bélinga, 20 ans après un premier pari avorté

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Près de vingt ans après avoir tenté de faire de Bélinga l'un de ses plus grands projets miniers en Afrique, l'Empire du milieu revient dans le jeu autour du gisement de fer gabonais, cette fois par les infrastructures. Déjà chargée de la rénovation du palais Omar-Bongo-Ondimba, siège du Sénat, la China Civil Engineering Construction Corporation (CCECC) cherche à élargir sa présence dans le pays. Lors d'échanges avec le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, le groupe chinois a notamment manifesté son intérêt pour les infrastructures routières et ferroviaires ainsi que le transport des minerais, avec Bélinga parmi les projets évoqués.

L'intérêt chinois pour Bélinga est loin d'être nouveau. En septembre 2006, le Gabon avait conclu avec un consortium conduit par China Machinery Engineering Corporation (CMEC) un accord portant sur le gisement et les infrastructures associées, comme le rappelle encore le ministère gabonais des Affaires étrangères dans l'inventaire des accords bilatéraux avec Pékin. Le projet prévoyait notamment une nouvelle ligne ferroviaire, un port minéralier en eau profonde à Santa Clara et des infrastructures hydroélectriques. Un montage estimé à plusieurs milliards de dollars qui devait permettre à la Chine d'accéder au minerai en contrepartie du financement et de la réalisation des équipements nécessaires à son exploitation. Le projet n'ira finalement pas à son terme et sera effectivement arrêté au début des années 2010.

Deux décennies plus tard, le décor a profondément changé. Belinga est désormais porté par Ivindo Iron, filiale de l'australien Fortescue, qui travaille depuis 2022 à l'exploration et à l'évaluation du gisement. Une première cargaison de minerai a été exportée en décembre 2023 afin d'en tester la qualité et la viabilité commerciale. Mais pour passer à une exploitation industrielle à grande échelle, l'équation reste largement celle qui se posait déjà il y a vingt ans : sortir le minerai de cette région enclavée du nord-est du pays. Le schéma actuellement étudié repose ainsi sur une solution intégrée associant mine, chemin de fer minéralier, port en eau profonde et infrastructures énergétiques, avec une mise en service visée autour de 2030.

C'est sur ce besoin d'infrastructures que les entreprises chinoises tentent de revenir. CCECC n'est d'ailleurs pas la première à se positionner. En mai 2024, China Communications Construction Group (CCCC) avait déjà présenté au gouvernement un projet de corridor de Belinga, comprenant notamment une double voie ferrée électrique, des ports et des infrastructures énergétiques. L'intérêt de plusieurs groupes pour cette partie du projet confirme la taille du marché qui pourrait accompagner l'exploitation du gisement.

Pour Pékin, il ne s'agit donc pas encore d'un retour aux commandes de Bélinga, mais plutôt d'une nouvelle tentative de prendre place autour de ses infrastructures. La différence est importante. Contrairement au montage de 2006, le projet minier est aujourd'hui entre les mains de Fortescue et de ses partenaires, tandis que les groupes chinois cherchent à faire valoir leurs capacités de construction. Cette concurrence potentielle pourrait devenir un levier pour le Gabon, au moment de choisir les partenaires capables de financer et de réaliser le rail, l'énergie et les infrastructures d'exportation. Vingt ans après le premier pari chinois, Bélinga attire ainsi de nouveau Pékin, mais cette fois, la bataille pourrait se jouer davantage autour des rails et des corridors que dans la mine elle-même.

Publié le 04/09/26 12:43

La Rédaction

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