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Gabon : La nouvelle société de transport parie sur la distribution de carburant pour financer son réseau de bus

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La fusion de SOGATRA et Trans'Urb a accouché d'une entité inédite dans le paysage des transports publics gabonais. Annoncée le 22 mai 2026 par le ministre des Transports Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, la Compagnie nationale des Transports (CNT) hérite d'un parc de 125 nouveaux bus, 100 véhicules de 78 places, 25 bus de 26 places et d'une mission : offrir à Libreville un service de transport urbain fiable et structuré. Au total, ce sont donc 142 véhicules neufs acquis en cent jours, un signal des autorités actuelles sur leur volonté de rompre avec des décennies de délabrement du transport collectif dans la capitale.

La rupture la plus immédiate est tarifaire. La gratuité du transport public, disparaît au profit d'une grille tarifaire différenciée : 200 FCFA le trajet unique, 1 000 FCFA le ticket journalier, et des abonnements mensuels échelonnés de 3 000 FCFA pour les retraités à 17 000 FCFA pour le grand public, avec des tarifs intermédiaires pour les élèves et les étudiants. Cette tarification vise à reconstituer une base de recettes propres, inexistante sous le régime de la gratuité. Mais les revenus issus de la billetterie seront-ils suffisants pour équilibrer les comptes d'une flotte de cette envergure ?

C'est précisément pour répondre à cette équation que la CNT introduit un modèle économique hybride, inédit pour une entreprise publique de transport urbain en Afrique centrale. En parallèle de son activité principale, la compagnie se positionnera sur la distribution de produits pétroliers, dotée à cet effet de 12 camions citernes dont six dédiés au gasoil, six à l'essence, et de cinq camions semi-remorques. Selon les autorités, les marges dégagées sur ce segment, structurellement plus rentable, doivent compenser le manque à gagner de l'activité transport de passagers. Le carburant devient ainsi la béquille financière du réseau de bus.

Ce modèle ouvre de nouvelles perspectives. La diversification dans la distribution de carburant dote la CNT d'un coussin de trésorerie que la plupart des régies de transport public africaines n'ont pas encore, les condamnant à la dépendance aux subventions étatiques et aux crises de liquidité. En adossant l'activité passagers à un segment à marge prévisible, la CNT entend se donner les moyens de planifier ses investissements de maintenance sans attendre les dotations budgétaires.

 

Publié le 22/06/26 13:21

La Rédaction

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