Alors que les délestages et pénuries d'eau rythment encore le quotidien de nombreux ménages, un chiffre illustre l'ampleur du malaise : près de 100 milliards FCFA de factures restent impayées à la SEEG, la Société d'Énergie et d'Eau du Gabon. Et l'État, pourtant actionnaire et premier décideur du secteur, en concentre à lui seul 72 milliards selon les données publiées ces dernières années par les médias spécialisés et jamais démenties par l'administration.
Cette dette publique, qui représente à elle seule près des trois quarts du montant réclamé, étrangle la trésorerie de la SEEG au moment où les besoins en eau et en électricité augmentent. Faute de ressources suffisantes, l'entreprise peine à assurer la maintenance de ses installations, à investir dans la modernisation du réseau et à garantir la régularité des services. Un paradoxe dans un pays où la qualité de l'accès à ces deux services stratégiques demeure un enjeu majeur de développement et de compétitivité économique.
L'appel à la "rigueur" lancé par la SEEG souligne un malaise plus profond et la fragilité d'un modèle économique reposant sur des paiements aléatoires, tant du côté des usagers que de l'État. Les ménages, eux aussi, accumulent des arriérés, souvent par incapacité plutôt que par incivisme. Mais le non-paiement massif de l'administration publique expose une contradiction. Difficile d'exiger des citoyens une discipline financière quand l'acteur public reste le premier débiteur.
L'accumulation de ces arriérés révèle un déséquilibre financier chronique qui dépasse la simple question du civisme de paiement. Privée d'une part essentielle de ses recettes, la SEEG fonctionne sous contrainte permanente et au final, la qualité de service peine à suivre la croissance démographique et urbaine du pays. Le rappel adressé aux abonnés, avec un ultimatum fixé au 6 décembre, est autant un signal à la population qu'une alerte sur la santé de l'entreprise.
Publié le 25/11/25 15:49
La Rédaction
SN
CEMAC