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Gabon : La ZLECAF mise sur Nkok pour ancrer le pays dans les chaînes de valeur africaines

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La Zone économique spéciale de Nkok s'est imposée comme l'argument central de la sixième visite du Secrétaire général de la ZLECAF à Libreville en juin 2026. Wamkele Mene a souligné le potentiel de la plateforme pour un accès élargi au marché continental, en identifiant des filières prioritaires dans le pharmaceutique, les composants automobiles, la transformation du bois et l'agroalimentaire.

Les chiffres donnent raison à cet intérêt. La zone regroupe 144 entreprises de 16 pays dans 70 secteurs industriels, et ses exportations sont passées de 49 milliards FCFA en 2018 à 307 milliards en 2022 selon les données communiquées par Gabon Special Economic Zone, gestionnaire de la plateforme, représentant ainsi 40 % des exportations nationales. Le Gabon est aujourd'hui le premier producteur africain de contreplaqués tropicaux et le deuxième exportateur mondial.

L'intégration de Nkok à la ZLECAF a pourtant exigé un long bras de fer. C'est seulement en mars 2023, après plus d'un an de négociations, que les produits issus de la zone ont été déclarés éligibles au marché continental, les règles d'origine constituant le principal obstacle compte tenu de la présence dominante d'entreprises asiatiques sur la plateforme.

Le défi est donc désormais commercial. Les productions de Nkok s'écoulent encore massivement vers l'Asie, tandis que les échanges intra-régionaux de la CEEAC ne représentent que 1,57 % des flux commerciaux de la sous-région. Le gouvernement a sollicité un accompagnement technique du Secrétariat pour élaborer un calendrier d'actions concret, et la future mise en service d'un poste frontalier à Kye-Ossi a été évoquée pour fluidifier les échanges terrestres vers le Cameroun.

Pour l'heure, Nkok dispose de la base productive, du cadre réglementaire et de la reconnaissance institutionnelle pour s'insérer dans les chaînes de valeur africaines. La réussite de la ZLECAF dépendra moins de la capacité des pays à exporter des matières premières que de leur aptitude à développer une base industrielle compétitive. La prochaine étape sera de transformer cette visibilité continentale en flux commerciaux mesurables.

Idrissa Diakité

Publié le 22/06/26 09:47

La Rédaction

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