La clarification du niveau d'endettement du Gabon a reçu un premier accueil favorable sur les marchés internationaux. Selon l'agence Reuters, les obligations souveraines gabonaises libellées en dollars ont nettement progressé le 15 septembre, après la publication d'informations faisant état d'un stock consolidé de dette et de passifs inférieur aux estimations qui circulaient avant l'achèvement de l'audit. La réaction intervient quelques heures après l'annonce par le gouvernement d'un montant de référence de 9 524,6 milliards FCFA au 31 décembre 2025, contre près de 11 700 milliards FCFA initialement estimés au début des travaux.
Ce changement a notamment concerné l'obligation arrivant à échéance en 2031. D'après les données de Tradeweb rapportées par Reuters, son prix a gagné 1,3 cent pour atteindre 87,475 cents pour un dollar de valeur nominale, tandis que les autres échéances gabonaises ont enregistré des progressions proches. Cette hausse traduit une amélioration immédiate de la perception du risque par les investisseurs. Un stock d'engagements inférieur aux premières estimations réduit, toutes choses égales par ailleurs, les inquiétudes entourant la capacité future de l'État à assurer le service de sa dette.
Le signal reste toutefois à nuancer. À 87,475 cents pour un dollar, l'obligation 2031 reste décotée d'environ 12,5% par rapport au pair, signe que les investisseurs continuent d'intégrer une prime de risque importante. La progression enregistrée après l'audit marque donc un regain de confiance plutôt qu'un retour à une situation normalisée. Cette distinction est d'autant plus importante que les marchés obligataires mondiaux traversent actuellement une période de tension, avec une remontée des rendements qui renchérit le financement des États fortement endettés.
Pour les autorités, cette réaction intervient à un moment déterminant de ses relations avec les bailleurs. Reuters rappelle que le Gabon a officiellement sollicité en mars un programme auprès du Fonds monétaire international destiné à accompagner la stabilisation de ses finances publiques. Le rapport d'audit a depuis été transmis au FMI et doit servir de nouvelle base aux discussions. Le gouvernement évalue parallèlement à 13 822 milliards FCFA le PIB nominal 2025 après arrimage aux résultats du rebasage, ce qui ramène le stock consolidé de dette et de passifs à un ratio indicatif de 68,91% du PIB.
Ce rebond des obligations donne à Libreville un premier indicateur de la manière dont les investisseurs interprètent les résultats de l'audit. Mais la poursuite de ce mouvement positif dépendra désormais de la capacité à apurer les passifs exigibles, maîtrise des nouveaux emprunts, prévention des arriérés et contenu des discussions avec le FMI. Après avoir réduit l'incertitude sur le montant des engagements publics, le Gabon doit encore convaincre les marchés sur la trajectoire permettant de les financer.
Idrissa Diakité
Publié le 15/09/26 13:48
La Rédaction
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