Le Rapport National sur le Développement Humain 2026 propose une évolution de mandat notable pour le Fonds Gabonais d'Investissements Stratégiques (FGIS), aujourd'hui organisé autour d'Okoumé Capital et de la Société de Garantie du Gabon. Les experts invitent en effet, l'entité à agir directement comme fonds de capital-risque, en prenant des participations en capital dans des startups à fort potentiel, pendant que la Société de Garantie du Gabon garantirait 80% des prêts accordés par les banques commerciales aux jeunes entrepreneurs. Un partage des rôles qui répond à un chiffre clé du rapport : 55% des jeunes citent comme premier obstacle à leur activité, l'accès au crédit, loin devant la peur de l'échec (14%) ou le manque de compétences en gestion (12%).
Ce nouveau mandat s'inscrit dans une réforme de l'écosystème public de financement, aujourd'hui structuré en trois pôles distincts : le pôle "Investissement et Capital" du FGIS, le pôle "Auto-Emploi et Insertion" du Pôle National de Promotion de l'Emploi (PNPE), et le pôle "Facilitation et Bancarisation" de l'ANPI-Gabon et de la Banque pour le Commerce et l'Entrepreneuriat du Gabon (BCEG). Le rapport propose d'unifier ces circuits via un guichet unique numérique, où un dossier déposé à l'ANPI serait automatiquement transmis à la BCEG pour l'étude de financement et à la Société de Garantie du Gabon (SGG) pour la garantie, avec un format de dossier standardisé baptisé "Gabon 2050".
La BCEG serait quant à elle repositionnée en "banque de l'innovation", financée en priorité sur les projets à forte intensité technologique ou industrielle, agro-industrie et troisième transformation du bois notamment, deux filières que le Gabon cherche précisément à faire monter en gamme dans sa stratégie de diversification post-pétrole.
Ce chantier mérite d'être suivi de près : un FGIS actif en capital-risque, couplé à une garantie de 80% sur les prêts bancaires, changerait significativement la structure de financement disponible pour les startups locales, aujourd'hui quasiment absentes des circuits de capital-investissement formel. La question déterminante reste celle de la gouvernance : la clarté des critères d'éligibilité et l'étanchéité de ce nouveau mandat vis-à-vis des autres missions patrimoniales du fonds souverain conditionneront la crédibilité du dispositif auprès des acteurs privés.
Idrissa Diakité
Publié le 06/07/26 10:14
La Rédaction
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