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Gabon : Le rebasage fait ressortir un PIB nominal à 24,8 milliards de dollars en 2025

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Le rebasage des comptes nationaux commence à produire ses effets sur les grands ratios financiers du Gabon. Selon les données communiquées le 13 septembre 2026 par le gouvernement à l'issue de l'audit de la dette et des passifs exigibles, une première estimation situe désormais le PIB nominal 2025 à 13 822 milliards FCFA (environ 24,8 milliards USD). À titre de comparaison, le FMI retenait encore dans son rapport Article IV 2024 une projection de 12 893 milliards FCFA (environ 23,1 milliards USD) pour 2025. La nouvelle estimation est donc supérieure de 929 milliards FCFA, soit environ 7,2%. Cette nouvelle référence, issue de l'arrimage aux résultats validés du rebasage de 2022, permet d'établir à 68,91% du PIB le stock consolidé de dette et de passifs de l'État arrêté à 9 524,6 milliards FCFA (environ 17,1 milliards USD) au 31 décembre 2025.

Ce changement est loin d'être neutre pour la lecture des finances publiques. Le ratio dette/PIB dépend autant du montant retenu au numérateur que de la taille de l'économie placée au dénominateur. Si l'on rapportait les 9 524,6 milliards FCFA de dette et de passifs consolidés à l'ancienne projection de PIB du FMI de 12 893 milliards, le ratio atteindrait environ 73,9%, contre 68,91% avec le PIB de 13 822 milliards retenu après rebasage. L'écart approche ainsi 5 points de PIB. Cet effet se combine en outre à la révision du stock audité, passé d'une estimation initiale proche de 11 700 milliards à 9 524,6 milliards.

Cette amélioration statistique ne correspond toutefois pas à une réduction équivalente de la facture supportée par le Trésor. Le Gabon conserve plus de 9 500 milliards FCFA de dette et de passifs exigibles dans le périmètre consolidé par l'audit. Les 929 milliards FCFA supplémentaires de PIB mesurés par rapport à l'ancienne projection du FMI augmentent le dénominateur utilisé pour calculer le ratio, mais ne réduisent ni les échéances à rembourser, ni les intérêts, ni les passifs arrivés à exigibilité.

Le nouveau PIB de 13 822 milliards FCFA devrait également modifier la lecture de plusieurs indicateurs suivis par les investisseurs et les partenaires financiers du pays. Dette, déficit, recettes fiscales ou dépenses publiques seront désormais rapportés à une économie statistiquement plus importante. La comparaison avec les séries antérieures devra toutefois tenir compte de la rupture méthodologique introduite par le rebasage : une amélioration d'un ratio ne signifie pas nécessairement que son numérateur s'est amélioré dans les mêmes proportions.

Par ailleurs, le gouvernement a transmis les conclusions de l'audit au Fonds monétaire international, qui disposera ainsi du nouveau stock consolidé et du PIB recalibré pour apprécier la trajectoire gabonaise. En passant d'une référence de 12 893 milliards FCFA dans l'ancienne projection du FMI à une première estimation de 13 822 milliards après arrimage au rebasage, la taille nominale de l'économie gagne environ 7,2%. Pour les finances publiques, cette réévaluation offre davantage d'espace dans les ratios. Elle ne dispense toutefois pas Libreville d'apurer ses passifs, de maîtriser ses nouveaux engagements et d'assurer le service de sa dette sans reconstituer des arriérés.

Idrissa Diakité

Publié le 15/09/26 10:37

La Rédaction

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