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Gabon : Les 10 mesures proposées par le patronat pour desserrer l'étau sur les entreprises

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Du 4 au 11 juin 2026, le Haut Conseil pour l'Investissement a réuni au Palais des Congrès de Libreville secteur privé et administration autour de huit groupes thématiques. Trésorerie asphyxiée, parafiscalité galopante, insécurité juridique, coûts logistiques parmi les plus élevés de la sous-région : le diagnostic posé par la Fédération des Entreprises du Gabon est sévère. Dix mesures prioritaires en ont été tirées, formalisées le 12 juin dans une synthèse conjointe HCI-FEG, avant d'être reprises dans les 40 recommandations de la Déclaration de Libreville adoptée au Gabon Economic Forum du 27 juin.

L'urgence numéro un est financière. La FEG (Fédération des Entreprises du Gabon) exige le remboursement des crédits de TVA bloqués, dont l'encours dépasse 20 milliards FCFA pour les seules entreprises hors Zone Industrielle Spéciale de Nkok, via un acompte immédiat de 20 à 30% et la restauration du compte séquestre. Deuxième chantier prioritaire : la suppression des taxes illégales, notamment la taxe de rémunération des services rendus instituée par l'article 31 de la LOLF 2015, dont l'abrogation est réclamée dans un délai de 70 jours. Troisième mesure, la promulgation du Code Général des Investissements, adopté en Conseil des ministres en mars 2025 mais toujours en attente, que le rapport HCI désigne comme la clé de voûte de la transformation du climat des affaires.

Sur le plan opérationnel, la FEG demande la refonte du calcul du BIETC, dont le coût peut atteindre 80 000 FCFA sans plafonnement contre 20 000 FCFA au Cameroun, quatrième mesure d'une liste qui intègre également, en cinquième position, le démantèlement des 37 checkpoints recensés sur le seul axe Libreville-Trois Frontières et le passage des corridors portuaire et aéroportuaire en fonctionnement continu 24h/24. La centralisation des agréments sectoriels à l'ANPI-Gabon, assortie d'un principe de silence vaut accord au-delà du délai légal de 90 jours, constitue la sixième mesure phare, tandis que le relèvement du seuil des marchés publics réservés aux entreprises nationales de 150 à 500 millions FCFA, avec application stricte de la règle des 30% de sous-traitance locale, forme la septième.

Les trois dernières mesures structurantes portent sur la gouvernance, la formalisation et le local content. La réforme des établissements publics, sur laquelle secteur privé et administration ont acté un accord sans friction, prévoit le recrutement des dirigeants par appel à candidatures et l'application systématique des sanctions en cas de malversation : c'est la huitième mesure. Le statut de l'entreprenant, avec immatriculation gratuite au RCCM et régime fiscal ultra-simplifié pour absorber l'économie informelle, constitue la neuvième.

Enfin, l'adoption d'une loi multisectorielle sur le local content, accompagnée d'un fonds dédié et d'un organe de suivi placé sous tutelle de la Présidence de la République, ferme la liste en dixième position. Leur mise en oeuvre mobilise une dizaine de ministères avec des délais allant de l'immédiat à 24 mois. Dans un contexte de budget révisé à la baisse de 863 milliards FCFA, de notation souveraine Caa2 à perspective négative et de négociations FMI en cours, la capacité du gouvernement à honorer ces engagements dans les délais fixés constitue le véritable test de crédibilité du dialogue public-privé au Gabon.

Idrissa Diakité

Publié le 01/07/26 10:58

La Rédaction

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