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Gabon : Les exonérations fiscales ont coûté plus de 1 000 milliards FCFA entre 2022 et 2025

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Plus de 1 000 milliards FCFA de recettes potentielles auraient échappé aux caisses publiques entre 2022 et 2025 en raison des dispositifs d'exonération fiscale. Le chiffre, avancé dans le Rapport pays 2026 de la Banque africaine de développement, représente l'équivalent de 8% du PIB de 2025. Le poids atteint une dimension particulière dans un pays confronté simultanément à l'augmentation de sa dette, au renchérissement de son financement et à des besoins massifs d'investissement.

Le sujet ne porte pas uniquement sur l'existence des avantages fiscaux, mais sur leur accumulation et leur ciblage. L'institution multilatérale relève de " nombreuses dérogations fiscales, souvent en faveur de grandes entreprises, notamment les multinationales ". Elle recommande leur rationalisation parallèlement à la réduction de la parafiscalité et à l'élargissement de l'assiette. Autrement dit, une partie du redressement des recettes pourrait venir moins de la création de nouveaux prélèvements que d'un réexamen des avantages déjà accordés.

Le paradoxe apparaît dans l'évolution des recettes. Entre 2015 et 2024, les recettes fiscales ont progressé de 64%, portées notamment par une hausse de 108% de la TVA et par l'évolution de la fiscalité pétrolière. L'impôt sur les sociétés représentait 36,6% des recettes fiscales en 2024, dont 20,4% provenant du secteur pétrolier. Mais cette progression cohabite avec une masse importante de dépenses fiscales, ce qui limite la capacité de l'État à transformer la croissance de l'assiette en ressources effectivement encaissées.

Le gouvernement a déjà commencé à resserrer le dispositif. Le rapport rappelle la suspension temporaire des nouvelles exonérations et l'audit des régimes existants. Cette orientation intervient alors que le déficit budgétaire s'est creusé à 5,3% du PIB en 2025, contre 3,8% un an plus tôt, tandis que les charges d'intérêt représentaient près de 3,4% du PIB. Dans ce contexte, chaque avantage fiscal doit être mis en perspective avec son coût budgétaire et les investissements ou emplois qu'il est réellement susceptible de générer.

La Banque africaine de développement place également les exonérations au cœur du débat sur la qualité de la mobilisation fiscale. Elle considère que l'élargissement de la TVA, le contrôle des déclarations, la réduction des écarts de conformité et la rationalisation des dérogations peuvent dégager davantage de recettes sans reposer uniquement sur une hausse des taux. Avec plus de 1 000 milliards FCFA de manque à gagner recensé en quatre ans, maintenir un avantage fiscal suppose désormais de démontrer que son rendement économique compense les recettes auxquelles l'État renonce.

Idrissa Diakité

Publié le 28/09/26 15:07

La Rédaction

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