Le président Brice Clotaire Oligui Nguema, a formellement notifié aux dirigeants du groupe marocain CIMAF l'intention de l'État d'acquérir une participation de 20 % dans le capital de sa filiale locale. Cette démarche intervient alors que le cimentier, implanté à Owendo depuis 2015 avec un investissement cumulé de 70 milliards FCFA, s'apprête à changer de dimension. L'entreprise ambitionne en effet de doubler sa capacité de production annuelle pour la porter à 1,85 million de tonnes d'ici la fin de l'année 2026 grâce au déploiement d'une troisième ligne de production.
Pour soutenir cette montée en puissance industrielle, CIMAF Gabon développe parallèlement un projet d'usine de broyage de calcaire à Ntoum, évalué à 27 milliards FCFA. L'infrastructure vise à exploiter directement les gisements nationaux afin d'atteindre l'autosuffisance en ciment. Ce basculement technique répond à une exigence de Libreville, qui souhaite mettre un terme à la dépendance du pays vis-à-vis des importations de clinker, la matière première essentielle jusqu'ici acheminée depuis le Maroc.
En parallèle à cette nouvelle ambition capitalistique, les autorités gabonaises ont acté un tournant réglementaire majeur en annonçant la suppression définitive, au 1er janvier 2027, des exonérations fiscales et douanières dont bénéficiaient jusqu'à présent les importations de clinker de CIMAF. Ce levier de pression fiscale intervient au moment où l'État cherche à optimiser ses recettes publiques et à imposer une intégration locale plus stricte aux opérateurs industriels. L'extinction programmée de ces avantages modifie directement l'équation de rentabilité à court terme du modèle d'importation du cimentier.
Il convient de rappeler que cette offensive s'inscrit dans un feuilleton à rebondissements. En décembre 2025, lors d'une précédente audience présidentielle, l'État gabonais avait déjà acté le principe d'une entrée à hauteur de 10 % dans le capital de CIMAF Gabon, brisant le statu quo d'un actionnariat jusqu'alors 100 % privé. Cette nouvelle velléité de grimper à 20 %, formulée avant même le closing officiel de la première transaction, confirme la volonté d'accélération de Libreville mais reste suspendue aux négociations sur la valorisation des parts.
Publié le 23/05/26 11:47
La Rédaction
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CEMAC