menu mobile
L’information économique au cœur des marchés africains

Gabon : Mobile money, microfinance et diaspora, les nouveaux canaux de collecte d’épargne que l’État veut expérimenter

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ouvre dans 52h25min

Au Gabon, mobiliser davantage d'épargne nationale pourrait moins passer par la création de nouvelles institutions que par l'élargissement des circuits permettant aux ménages de placer leur argent. C'est l'un des enseignements qui ressort du premier Forum national de l'Épargne pour le développement (FONED), clôturé le 3 septembre à Libreville. Mobile money, microfinance, solutions numériques et épargne de la diaspora apparaissent comme autant de canaux susceptibles d'élargir une collecte encore largement organisée autour du système bancaire traditionnel.

Le mobile money constitue probablement le levier disposant de la plus grande capacité de diffusion immédiate. Son intérêt tient cependant, moins à la technologie elle-même qu'au nombre de personnes qu'elle permet d'atteindre, y compris parmi les populations peu ou pas bancarisées. En réduisant les déplacements, les formalités et potentiellement le coût de distribution des produits financiers, le téléphone peut devenir une porte d'entrée vers des produits d'épargne de faible montant. Pour le Gabon, l'enjeu serait ainsi de transformer progressivement une partie des flux qui circulent déjà par les portefeuilles électroniques en ressources financières pouvant être mobilisées sur une durée plus longue.

La microfinance constitue l'autre maillon de cette stratégie. Son implantation auprès des petits entrepreneurs, commerçants, travailleurs indépendants et ménages permet d'atteindre des catégories qui ne constituent pas toujours la clientèle naturelle des banques classiques. Combinées aux outils numériques, les institutions de microfinance pourraient ainsi faciliter la collecte régulière de petites sommes. Plutôt que de rechercher uniquement quelques gros investisseurs, la mobilisation de l'épargne intérieure peut également reposer sur l'agrégation de milliers de placements de montants modestes. C'est tout l'enjeu de ce processus d'inclusion.

À cette épargne domestique s'ajoute celle des Gabonais établis à l'étranger. Une enquête présentée pendant le FONED fait ressortir une diaspora disposée à placer une partie de son épargne au Gabon, à condition de disposer de mécanismes suffisamment sécurisés et attractifs. Trois exigences ressortent notamment des travaux : la confiance dans l'institution chargée de recueillir les fonds, la possibilité d'effectuer l'ensemble des opérations à distance et une rémunération capable de rendre les placements compétitifs. La diaspora pourrait ainsi représenter une source supplémentaire de capitaux si les transferts destinés à la consommation peuvent être complétés par de véritables produits d'investissement et d'épargne.

Le principal défi commence donc après le forum. Mobile money, microfinance et diaspora ne constituent pas encore, à eux seuls, une nouvelle source de financement pour l'économie : ils en sont les canaux potentiels. Encore faut-il proposer des produits simples, sûrs et suffisamment rémunérateurs pour convaincre les ménages de conserver une partie de leurs ressources sous forme d'épargne longue. L'équation consiste désormais à connecter cette épargne dispersée aux besoins de financement du pays. Si ce passage réussit, une partie des investissements futurs pourrait être financée non seulement par la dette publique et les capitaux extérieurs, mais aussi par l'argent progressivement accumulé par les Gabonais eux-mêmes.

Idrissa Diakité

Publié le 04/09/26 14:06

La Rédaction

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

ZAU3GGDhYYTMHlqq9nI87qwBIdLe1GOqebgTQN8ky8s False