Le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a reçu le 29 juin 2026 à Libreville une délégation de la Banque africaine de développement (BAD) conduite par son administrateur-pays, Mamour Ousmane Ba. La réunion, à laquelle ont pris part la ministre de la Planification, Louise Mvono, et le ministre de l'Agriculture, Pacôme Kossy, s'inscrit dans le prolongement des échanges tenus à Brazzaville entre le président de la République et le président de la BAD en marge des Assemblées annuelles de l'institution. L'ordre du jour portait sur l'état d'avancement du portefeuille de projets financés par la Banque au Gabon et les mesures à prendre pour lever les obstacles qui en freinent l'exécution.
Au centre des discussions, deux chantiers concentrent les préoccupations du gouvernement. Le Programme intégré d'alimentation en eau potable et d'assainissement de Libreville (PIAEPAL) d'abord, dont les retards affectent directement l'accès à l'eau potable des populations de la capitale. La route Ndendé-Doussala ensuite, un tronçon de 49 kilomètres financé à hauteur de 90,2 milliards FCFA conjointement par la BAD et l'Africa Growing Together Fund, dont le taux d'avancement s'établissait à seulement 27% à plus de 60% du délai contractuel consommé. Ce dernier axe est stratégique à double titre : il constitue le dernier maillon manquant du corridor Libreville-Mouila-Ndendé-Doussala-Dolisie-Brazzaville, et s'inscrit dans les priorités d'intégration régionale de la CEMAC.
Hermann Immongault a présenté lors de cette séance de travail un plan d'action destiné à accélérer les projets en retard, tout en insistant sur la nécessité de clarifier les responsabilités entre les différents intervenants. Le vice-président a indiqué que l'État avait lui-même procédé à un examen de ses propres dysfonctionnements, affirmant que le Gabon entend désormais travailler avec la BAD dans un esprit de transparence et d'efficacité. La position du gouvernement est sans ambiguïté : chaque franc engagé au titre de l'endettement doit se traduire par une amélioration concrète des conditions de vie des populations.
Pour sa part, Mamour Ousmane Ba a salué les réformes engagées par les autorités gabonaises et réaffirmé l'engagement de la Banque à accompagner les priorités nationales. L'administrateur-pays a indiqué être venu recueillir les orientations stratégiques du gouvernement afin de les porter devant le conseil d'administration de la BAD, laissant entendre que la revue du portefeuille existant pourrait ouvrir la voie à de nouveaux engagements. Il a également présenté les grandes orientations de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), portée par la direction de l'institution.
La réunion du 29 juin intervient dans un contexte budgétaire où le Gabon a réduit de 863 milliards FCFA son budget dans la loi de finances rectificative 2026, ramenant l'enveloppe globale de 6 358,9 à 5 495,2 milliards FCFA. Le Plan national de croissance et de développement 2026-2030 table pour sa part sur une mobilisation de 27 000 milliards FCFA, dont 18 600 milliards attendus du secteur privé. Dans ce cadre, la capacité du Gabon à démontrer une exécution rigoureuse des financements multilatéraux déjà contractés constitue un signal important pour les bailleurs et les investisseurs que le PNCD entend attirer.
Idrissa Diakité
Publié le 01/07/26 13:51
La Rédaction
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