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Gabon : Plus de la moitié des titres publics du pays est entre les mains des spécialistes du Trésor

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Le financement du Gabon repose d'abord sur un groupe bien identifié d'intermédiaires financiers. Sur les 3 424,1 milliards FCFA de titres publics gabonais en circulation fin juillet, les spécialistes en valeurs du Trésor en détiennent 1 804,1 milliards, soit 52,69 %. Plus d'un franc sur deux prêté au Gabon sur le marché régional est donc porté par cette catégorie. Leur rôle dépasse ainsi celui d'intermédiaires techniques : ils constituent le cœur même de la demande pour les émissions gabonaises. Sans leur participation, l'augmentation rapide de l'encours observée ces dernières années aurait été beaucoup plus difficile.

La concentration bancaire est en réalité plus forte encore. Les établissements de crédit non-SVT possèdent 1 052,5 milliards, soit 30,74 %. Ensemble, ces deux catégories concentrent donc plus de quatre cinquièmes de l'encours gabonais. Le système bancaire au sens large constitue ainsi le principal créancier de l'État sur ce marché. Cette proximité crée une relation financière très forte entre les comptes publics et les bilans bancaires. Elle peut également faciliter les émissions en période normale, mais elle signifie aussi que l'exposition des établissements de crédit aux titres souverains gabonais est particulièrement importante.

Les investisseurs institutionnels arrivent loin derrière avec 476,35 milliards, soit 13,91 %. Les personnes physiques ne détiennent que 65,62 milliards, soit 1,92 %. La BEAC possède pour sa part 25,49 milliards, soit 0,74 %. La base de détenteurs gabonais reste donc relativement peu diversifiée. Les particuliers sont presque absents et les institutionnels ne compensent qu'en partie la domination du secteur bancaire. Comparé au Tchad, où les particuliers possèdent 9,39 % des titres, le contraste est particulièrement marqué.

Cette architecture explique pourquoi la relation entre l'État et le système financier est devenue centrale. Une modification de l'appétit des banques pour les titres souverains peut directement affecter les conditions auxquelles Libreville finance ses besoins. Le taux de participation aux émissions d'OTA gabonaises n'est d'ailleurs que de 7,90 % en juillet, alors que le taux de souscription est de 61,27 %. Ces deux indicateurs mesurent des réalités différentes et ne doivent donc pas être assimilés. Ils montrent néanmoins que toutes les opérations ne mobilisent pas l'ensemble des acteurs disponibles.

Pour le moment, les établissements financiers continuent de porter une masse considérable de titres gabonais. Mais avec un encours qui a progressé de près de 800 milliards FCFA en douze mois, la question n'est plus seulement de savoir qui détient les titres aujourd'hui. Elle est de savoir jusqu'où ces mêmes investisseurs accepteront d'augmenter leur exposition demain. Si leur appétit ralentit, Libreville devra soit diversifier davantage sa base de créanciers, soit offrir des rendements supérieurs. Dans les deux cas, la structure actuelle des détenteurs devient un enjeu stratégique de la gestion future de la dette.

Idrissa Diakité

Publié le 31/08/26 12:49

La Rédaction

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