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Gabon : Pourquoi 18 jours d’intérêts sur la dette en 2025 coûtent plus cher qu’une année entière en 2010

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La trajectoire des finances publiques gabonaises sur les quinze dernières années révèle une mutation profonde, et particulièrement onéreuse, du coût de l'argent. Selon les données officielles de la Direction Générale de la Dette (DGD), le Gabon a basculé dans une ère de dette de marché où la rémunération des créanciers pèse désormais plus lourd que l'investissement public. En effet, en 2025, il suffit de 18 jours à l'État pour accumuler une charge d'intérêts supérieure à celle de toute l'année 2010.

En 2010, le profil d'endettement du pays reflétait une gestion de stock encore contenue. Au 31 décembre 2010, les règlements totaux de la dette s'élevaient à 501,15 milliards FCFA, dont une part marginale consacrée aux frais financiers. Sur l'ensemble de cet exercice, l'État n'avait décaissé que 18,16 milliards FCFA au titre des intérêts et commissions. À cette époque, l'essentiel de l'effort budgétaire servait au remboursement du principal, témoignant d'un coût de financement particulièrement bas pour le Trésor public.

Quinze ans plus tard, la lecture du rapport d'exécution à fin novembre 2025 projette un changement de paradigme. La charge des intérêts a explosé pour atteindre 337,31 milliards FCFA. Cette inflation des frais financiers est portée par un encours global qui culmine désormais à 8 547,24 milliards FCFA. Avec un coût mensuel moyen des intérêts établi à 30,6 milliards FCFA en 2025, le Gabon dépense en moins de trois semaines l'équivalent de ce qu'il payait annuellement au début de la décennie précédente.

Cette situation s'explique par la transformation structurelle de la dette, désormais dominée par le marché intérieur et régional. À fin novembre 2025, la dette intérieure s'établit à 4 345,71 milliards FCFA, portée par des instruments aux taux plus élevés que les prêts bilatéraux d'autrefois, notamment les Obligations du Trésor Assimilables (OTA) qui ont mobilisé 1 499,02 milliards FCFA sur l'année. L'enjeu désormais n'est plus seulement de rembourser sa dette, mais de stabiliser une charge financière qui capte désormais une part critique des recettes fiscales au détriment de l'économie réelle.

Publié le 20/04/26 15:59

La Rédaction

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