Le projet Belinga commence à élargir son cercle au-delà de Fortescue et de l'État gabonais. Réunis le 28 septembre à Libreville autour du vice-président du gouvernement Hermann Immongault et du président exécutif de Fortescue, Andrew Forrest, plusieurs groupes internationaux ont été associés aux discussions sur les infrastructures nécessaires au développement du gisement de fer. Rail, équipements miniers, construction, ingénierie maritime ou encore dragage figurent désormais directement dans les échanges.
Fortescue est venu avec des entreprises originaires d'Australie, de Suisse, de Belgique, de Chine, des États-Unis, du Royaume-Uni et de France. Une configuration qui donne une autre dimension aux discussions avec un projet Belinga qui ne se résume plus à l'extraction du minerai. Pour exporter à grande échelle depuis l'Ogooué-Ivindo, il faudra bâtir une chaîne logistique complète capable de relier la mine aux marchés internationaux. Les futurs contrats liés au transport ferroviaire, aux installations portuaires et aux équipements lourds deviennent ainsi une composante économique majeure du projet.
Cette mobilisation arrive avant le basculement définitif vers la construction. Fortescue continue de présenter officiellement Belinga comme un projet en phase d'exploration et d'études techniques destinées à préciser ses futures options de développement. Le groupe explore le gisement depuis 2022 et le classe parmi les grands gisements d'hématite à haute teneur encore non développés dans le monde. La constitution d'un réseau de fournisseurs et de partenaires industriels peut donc être lue comme une préparation de l'étape suivante, sans signifier que tous les investissements ont déjà été définitivement engagés.
Libreville qui vient d'inscrire pour la première fois, d'inscrire la production de minerai de fer dans ses prévisions budgétaires en visant jusqu'à 1,5 million de tonnes, cherche parallèlement à peser davantage dans la répartition de la valeur créée. Hermann Immongault a insisté sur la nécessité de trouver " le point d'équilibre " entre les capacités d'un industriel international et " la participation, la maîtrise stratégique et les intérêts de long terme de l'État gabonais ". Le gouvernement veut également intégrer davantage de consommation locale, de compétences nationales et de retombées industrielles dans les accords à venir. Les négociations autour de Belinga portent donc autant sur le minerai que sur les marchés de travaux, les équipements, les infrastructures et la place réservée aux acteurs gabonais.
La réunion de ce 28 septembre marque ainsi une étape intermédiaire décisive. Fortescue, garante du projet, n'a pas encore transformé Belinga en chantier minier à grande échelle, mais prépare déjà les entreprises susceptibles d'en construire les principaux maillons. Le groupe dispose d'une expérience intégrée du minerai de fer, du rail et des infrastructures portuaires en Australie, où il a expédié 200 millions de tonnes de minerai sur son exercice 2026. Pour le Gabon, la prochaine bataille économique sera de déterminer quelle part de cette future chaîne industrielle sera financée, construite et exploitée localement.
Idrissa Diakité
Publié le 29/09/26 16:42
La Rédaction
SN
CEMAC