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Gabon : Vers une renégociation tous azimuts des contrats pétroliers ?

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Le 29 mars 2026, à Malabo, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a lancé un message sans équivoque. En marge du 11e Sommet de l'OEACP, il a défendu devant investisseurs et chefs d'État une " relecture des contrats conclus aux premières années des indépendances africaines ", évoquant explicitement le recours au droit de préemption pour les conventions arrivées à échéance. Il a par ailleurs affirmé que le Gabon avait " repris le contrôle de certains actifs pétroliers ". Un discours qui ne sort pas du néant puisqu'il synthétise une stratégie de reconquête pétrolière engagée depuis août 2023.

En novembre 2023, la Gabon Oil Company (GOC) a surpris tout son monde et exercé son droit de préemption pour bloquer la vente d'Assala Energy, deuxième producteur national avec 45 000 barils/jour, au français Maurel & Prom, et finaliser son acquisition auprès du fonds américain Carlyle pour 1,3 milliard de dollars, avec le soutien financier du trader suisse Gunvor. En mars 2025, la GOC a signé le rachat de l'intégralité du portefeuille gabonais de Tullow Oil pour 300 millions de dollars, portant sa production gérée à 82 000 barils/jour selon les autorités. La GOC a également acquis des participations dans des actifs de Perenco et TotalEnergies pour 40 milliards de FCFA, ainsi que SMP Afrique, spécialiste français de la maintenance et du forage pétrolier.

La stratégie affiche ses résultats, mais aussi ses limites structurelles. Le rachat de Tullow Oil, officiellement conclu le 13 mai 2025, a été suspendu plusieurs mois faute de mobilisation des fonds par Gunvor, avant d'être relancé. La GOC, qui ne gérait avant 2023 qu'un seul champ pétrolier d'une production inférieure à 1 000 barils/jour, se retrouve désormais opérateur de champs matures, sans expérience avérée en gestion d'actifs à grande échelle. L'avocat Simon Cudennec de Bracewell avait d'ailleurs indiqué que l'acquisition d'Assala avait " choqué l'industrie " et que la préemption pourrait " créer un nouveau précédent au Gabon ".

Le discours de Malabo ouvre donc une question que les opérateurs encore présents au Gabon, Perenco en tête, avec 100 000 barils équivalent pétrole produits chaque jour, suivront attentivement. Quels contrats sont visés ? À quelles échéances ? Sur quelle base juridique et avec quels financements ? Car la préemption sur Assala n'a été possible que grâce aux 800 millions de dollars apportés par Gunvor, un trader privé qui exige en contrepartie des droits de commercialisation sur le brut gabonais. La souveraineté pétrolière que Libreville revendique à Malabo est, pour l'instant, financée par des capitaux privés étrangers.

Publié le 01/04/26 13:44

La Rédaction

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