La Banque du Ghana (BoG) opère un resserrement réglementaire majeur en ce début d'année sur le secteur des transferts de fonds internationaux, pilier stratégique de l'économie nationale. Avec la publication à fin décembre 2025, de nouvelles lignes directrices applicables à l'ensemble des Opérateurs de transfert d'argent internationaux (IMTO), l'autorité monétaire entend renforcer la surveillance, protéger les consommateurs et préserver l'intégrité des flux financiers entrants, dans un contexte de digitalisation accélérée des services financiers
En effet, face à l'essor rapide des plateformes numériques et du mobile money, la Banque du Ghana estime toutefois que le cadre existant n'était plus adapté aux nouveaux risques opérationnels, prudentiels et de conformité. Au cœur du dispositif, figure une procédure d'agrément plus rigoureuse. Tout IMTO souhaitant opérer au Ghana devra démontrer qu'il est déjà agréé dans sa juridiction d'origine et soumettre un dossier détaillé à la banque centrale : structure de l'actionnariat, bénéficiaires effectifs, gouvernance, systèmes de contrôle interne, mécanismes de protection des consommateurs et dispositifs de cybersécurité.
La Banque du Ghana s'engage à statuer dans un délai de 90 jours à compter de la réception d'un dossier complet. L'agrément accordé est non transférable, renforçant le contrôle direct du régulateur sur les opérateurs actifs sur le marché. Les nouvelles règles redéfinissent clairement ce que les IMTO peuvent et ne peuvent pas faire. Leur champ d'intervention est désormais strictement limité aux transferts de fonds entrants de personne à personne. Sont formellement prohibés : les transferts internationaux sortants, la collecte de dépôts, l'octroi de crédits, les opérations de change, ainsi que toute activité d'assurance, d'investissement ou de financement du commerce sans autorisation explicite. Changement notable : les transferts entrants ne peuvent plus être crédités sur des comptes professionnels ou d'entreprises, une mesure visant à réduire l'usage abusif des canaux de rémittences à des fins commerciales ou illicites.
La Banque du Ghana impose que tous les règlements de transferts entrants soient effectués en cedis ghanéens, via des comptes de règlement désignés auprès de banques universelles. Les devises reçues doivent être converties le jour même, au taux de référence fondé sur la fourchette moyenne Bloomberg USD/GHS ou son équivalent. Selon la banque centrale, cette mesure vise à accroître la transparence des flux de change, à limiter les distorsions de marché et à soutenir la stabilité du cedi.
A travers ce resserrement réglementaire, la Banque du Ghana envoie un signal sans ambiguïté : la croissance rapide du secteur des transferts de fonds doit désormais s'accompagner d'une discipline accrue, d'une responsabilisation des acteurs et d'un strict respect des normes de lutte contre la criminalité financière.
Narcisse Angan
Publié le 06/01/26 10:39


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