La Banque centrale du Ghana a franchi une nouvelle étape dans son cycle d'assouplissement monétaire. À l'issue de sa 129ème réunion ordinaire tenue du 16 au 18 mars 2026, le Comité de Politique Monétaire a décidé de réduire son taux directeur de 150 points de base, le ramenant à 14,0%. Une décision qui confirme la trajectoire engagée depuis le milieu de l'année 2025.
Ce mouvement s'inscrit dans une séquence de baisses successives et soutenues. Après avoir atteint des niveaux exceptionnellement élevés pour contenir les pressions inflationnistes, la Banque avait amorcé un premier assouplissement en juillet 2025, faisant passer le taux de 28% à 25%. Suivirent les ajustements de septembre (21,5%), novembre (18%), puis janvier 2026 (15,5%). Avec cette nouvelle décision, le taux directeur aura été réduit de 1 400 points de base (14%) en moins d'un an.
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Cette orientation accommodante est rendue possible par une amélioration marquée des fondamentaux macroéconomiques. L'inflation globale a fortement reculé à 3,3% en février 2026, contre 5,4% en décembre 2025, portée par la baisse simultanée de l'inflation alimentaire et non alimentaire. Le PIB réel a quant à lui progressé de 6,0% en 2025, avec une croissance hors pétrole atteignant 7,6%, principalement tirée par les secteurs des services et de l'agriculture.
Le redressement des finances publiques et du secteur extérieur conforte également cette dynamique. Le déficit budgétaire s'est établi à seulement 1,0% du PIB en 2025, bien en deçà de l'objectif de 2,8%, tandis que la dette publique est retombée à 45,3% du PIB contre 61,8% un an plus tôt. Les réserves internationales brutes ont atteint 14,5 milliards de dollars, soit 5,8 mois de couverture des importations, et le cedi est resté relativement stable.
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Le Comité n'ignore pas pour autant les risques qui subsistent. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui perturbent les chaînes d'approvisionnement mondiales et font peser une pression à la hausse sur les prix du pétrole, constituent le principal facteur d'incertitude externe. Les autorités monétaires se disent prêtes à ajuster leur politique si ces risques venaient à menacer la stabilité des prix, tout en soulignant que les niveaux élevés des taux d'intérêt réels offrent encore une marge de manœuvre.
En abaissant son taux directeur, la Banque centrale du Ghana entend alléger le coût du crédit pour les entreprises et les ménages, relancer l'investissement et consolider la reprise économique. Les prochaines décisions, attendues à l'issue de la réunion prévue du 18 au 20 mai 2026, dépendront étroitement de l'évolution des données économiques, laissant entendre que la poursuite du cycle d'assouplissement reste conditionnée au maintien de la désinflation.
Fanuelle YAO
Publié le 19/03/26 10:57
La Rédaction
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