Le Ghana pourrait accueillir l'un des investissements indiens les plus importants de ces prochaines années. En effet, le groupe indien Ramky envisage d'injecter au moins 2 milliards de dollars, soit environ 1 100 milliards FCFA, dans l'économie ghanéenne au cours des cinq prochaines années. Le projet couvre plusieurs secteurs stratégiques, notamment la pharmacie, la gestion des déchets, l'énergie, le logement, l'agriculture et l'agroalimentaire. Cette ambition traduit l'intérêt croissant des investisseurs étrangers pour le marché ghanéen, mais aussi la volonté d'Accra d'attirer davantage de capitaux privés vers les secteurs capables de soutenir l'industrialisation, la création d'emplois et la diversification de l'économie.
Le projet présenté par Ramky repose sur un portefeuille d'investissements diversifié, dont la mise en œuvre devrait s'étaler sur cinq ans. L'un des principaux volets concerne la création progressive d'un parc industriel de 800 hectares. Cette infrastructure devrait accueillir plusieurs filières industrielles, avec notamment une zone spécifiquement consacrée à la production pharmaceutique.
Le parc devrait également intégrer des unités dédiées à l'agroalimentaire, la chimie, le textile, la pétrochimie et la fabrication de dispositifs médicaux. Avec cette plateforme industrielle, Ramky ambitionne de contribuer à la constitution d'un écosystème manufacturier intégré au Ghana. L'objectif serait notamment de rapprocher les activités de production, de transformation et de distribution afin de renforcer les chaînes de valeur locales.
La pharmacie et les dispositifs médicaux en première ligne
Le volet pharmaceutique occupe une place importante dans le projet. La création d'une zone dédiée à la production de médicaments et l'implantation d'activités liées aux dispositifs médicaux pourraient contribuer à renforcer les capacités industrielles du Ghana dans un secteur où plusieurs pays africains restent fortement dépendants des importations.
Cette orientation présente également un potentiel en matière de développement des exportations. En s'appuyant sur ses infrastructures industrielles et logistiques, le Ghana pourrait progressivement devenir une plateforme de production et de distribution de produits pharmaceutiques et médicaux pour une partie du marché ouest-africain.
Des déchets à l'énergie
L'autre volet majeur du programme concerne la gestion et la valorisation des déchets. Ramky étudie notamment la construction d'une installation nationale de traitement des déchets médicaux, ainsi que d'une station destinée au traitement des déchets industriels dangereux. Le groupe envisage également une centrale de production d'électricité à partir des déchets d'une capacité de 24 MW.
Cette approche permettrait de répondre simultanément à deux enjeux : améliorer la gestion des déchets et valoriser une partie de ceux-ci pour produire de l'énergie. La transformation des déchets en ressources énergétiques s'inscrit ainsi dans une logique d'économie circulaire, tout en pouvant contribuer à diversifier les sources d'approvisionnement énergétique du Ghana.
Logements abordables et agriculture
Le portefeuille d'investissement ne se limite pas aux infrastructures industrielles. Ramky envisage également de développer des projets de logements abordables, afin de répondre à une demande croissante liée à l'urbanisation et à la croissance démographique. Le groupe prévoit par ailleurs des investissements dans l'agriculture et l'agroalimentaire. Le développement de ces activités pourrait favoriser une meilleure transformation locale des produits agricoles et contribuer à la création de valeur au sein des chaînes de production nationales. Cette orientation est particulièrement stratégique pour le Ghana, qui cherche à renforcer la transformation de ses matières premières agricoles afin de réduire la dépendance aux importations de produits transformés et d'accroître ses recettes d'exportation.
Un pari sur l'industrialisation du Ghana
Au-delà du montant, l'intérêt du projet réside dans sa diversité. Pharmacie, dispositifs médicaux, agroalimentaire, chimie, textile, pétrochimie, énergie, gestion des déchets, logement et agriculture : le groupe indien entend intervenir sur plusieurs maillons de l'économie réelle. Le futur parc industriel de 800 hectares pourrait constituer la pièce maîtresse de cette stratégie, en offrant une plateforme destinée à accueillir différentes activités manufacturières et de transformation. Pour le Ghana, l'enjeu est désormais de transformer cette manifestation d'intérêt en investissements effectivement réalisés. La capacité des autorités à faciliter l'accès au foncier, aux infrastructures, à l'énergie et aux procédures administratives sera déterminante pour faire passer ces projets du stade des intentions à celui des réalisations.
Publié le 18/08/26 16:48
Narcisse Angan
SN
CEMAC