Le syndicat des mineurs du Ghana a déposé jeudi une pétition auprès de la banque centrale pour réclamer la restitution de plus de 380 millions de cedis, soit environ 34,55 millions de dollars, des économies qu'il estime injustement bloquées depuis plusieurs années. Cette somme, composée de fonds de prévoyance, d'épargne sociale et d'indemnités de départ, concernerait plus de 19 000 travailleurs dont les avoirs restent gelés en raison de la vaste restructuration du secteur financier engagée par les autorités ghanéennes.
Cette réforme, lancée en août 2017 et achevée en 2019, visait à assainir un système bancaire miné par l'insolvabilité généralisée et une gouvernance défaillante. Dans ce cadre, la Banque du Ghana avait révoqué les licences de plus de 400 institutions financières, une opération d'ampleur qui a laissé de nombreux épargnants sans accès à leurs fonds pendant des années.
Le secrétaire général du syndicat, Abdul-Moomin Gbana, a décrit une situation devenue intenable pour les personnes concernées. Selon lui, retraités, travailleurs licenciés, veuves et personnes à charge peinent aujourd'hui à faire face à leurs dépenses de santé, d'éducation et de logement faute d'accès à leur épargne. L'organisation syndicale, affiliée à la plus grande centrale du pays, affirme avoir retenu ses membres de descendre dans la rue depuis 2021, préférant faire confiance aux promesses répétées de la banque centrale quant à un règlement du dossier.
Face à l'absence de résultats concrets, le syndicat hausse désormais le ton. Il a menacé de relancer des actions syndicales si aucune solution n'est apportée rapidement et a réclamé une rencontre directe avec le gouverneur de la Banque du Ghana ainsi qu'avec le ministre des Finances, afin de débloquer ce dossier qui traîne depuis plusieurs années.
Le Fonds monétaire international avait lui-même pointé, dans ses rapports de pays publiés en 2023 et en 2024, ces problèmes hérités de l'assainissement bancaire et toujours non résolus, ajoutant une pression institutionnelle supplémentaire sur les autorités ghanéennes.
Fanuelle YAO
Publié le 20/08/26 15:24
La Rédaction
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