Le Ghana enregistre un nouveau recul de l'inflation en mars 2026, prolongeant à quinze mois consécutifs la baisse de l'indice des prix à la consommation. Le taux annuel s'établit autour de 3,2 %, contre 3,3 % en février et 3,8 % en janvier, confirmant une trajectoire de désinflation continue et désormais bien installée. Ce niveau, parmi les plus bas observés depuis plusieurs décennies, permet au Ghana de rester dans sa fourchette cible d'inflation fixée entre 6 % et 10 %.
Cette évolution s'inscrit dans une tendance progressive mais marquée. En l'espace d'un an, l'inflation a chuté de plus de 20 points de pourcentage, passant d'environ 23 % début 2025 à un peu plus de 3 % aujourd'hui. Ce mouvement continu traduit un changement profond dans la dynamique des prix, désormais orientée vers une stabilisation durable.
Dans le détail, le ralentissement est largement porté par la baisse des prix alimentaires, qui constituent un poste clé dans le panier des ménages. L'inflation sur les denrées a nettement reculé, soutenue par un repli des coûts sur certains produits de base comme les céréales ou les légumes. En parallèle, les prix des biens importés ont fortement décéléré, conséquence directe de la stabilisation du cedi, ce qui a permis de réduire les pressions inflationnistes liées aux importations.
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Cette désinflation est aussi le résultat d'un cadre macroéconomique plus rigoureux. La Banque du Ghana a mené une politique monétaire restrictive pendant la phase de crise, avant d'entamer un cycle d'assouplissement rendu possible par le reflux des prix. Depuis mi-2025, le taux directeur a été abaissé de manière significative, dans un contexte d'amélioration des réserves, de consolidation budgétaire et de regain de confiance dans l'économie. Le pays sort progressivement d'une crise économique sévère marquée par une inflation qui dépassait 50 % en 2022.
Derrière cette amélioration, le rôle des réformes structurelles reste déterminant. Le Ghana a engagé un vaste processus de restructuration de sa dette, accompagné par le Fonds monétaire international, afin de rétablir la soutenabilité de ses finances publiques et de restaurer la crédibilité de sa politique économique. La signature récente d'un onzième accord bilatéral dans ce cadre illustre la poursuite de cet effort. En réduisant la pression de la dette et en stabilisant les fondamentaux, ces ajustements ont contribué à créer un environnement propice à la maîtrise durable de l'inflation, même si des risques liés aux prix internationaux de l'énergie ou aux chocs externes demeurent.
Fanuelle YAO
Publié le 01/04/26 15:20
La Rédaction
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