Le Ghana a procédé à la signature d'un partenariat de croissance de 215 millions de livres sterling (environ 289 millions de dollars), soit 162,75 milliards FCFA, avec le Royaume-Uni, ce 1er juin, en marge du Sommet sur l'investissement dédié aux deux pays. Cet accord scelle une feuille de route ambitieuse pour la période 2026-2028, centrée sur l'investissement privé, l'industrialisation, le développement des compétences et la facilitation du commerce.
En réalité, ce partenariat se veut résolument pragmatique, avec des projets à fort impact économique et social. Pièce maîtresse du dispositif, le financement de 101 millions de livres sterling pour la construction d'un chantier naval commercial de réparation et de cale sèche à Takoradi marque une avancée stratégique. Premier du genre dans le golfe de Guinée, le projet devrait générer environ 430 emplois directs, dont une part significative pour les femmes, tout en positionnant le Ghana comme un futur hub maritime régional. Fait notable, il mobilisera pour la première fois les fonds de pension locaux dans le financement d'infrastructures, un levier clé pour renforcer l'autonomie financière du pays.
Au-delà des infrastructures, l'accord couvre des secteurs d'avenir essentiels à la compétitivité du Ghana. Un financement de 6 millions de livres sterling est dédié à la mise en œuvre de la stratégie nationale en intelligence artificielle, avec l'ambition de stimuler l'innovation et les partenariats scientifiques. Dans le domaine de la santé, un programme de 4 millions de livres permettra de renforcer les compétences en ingénierie clinique, contribuant à moderniser les systèmes hospitaliers. Parallèlement, de nouvelles initiatives en matière d'éducation ouvriront aux étudiants ghanéens l'accès à des formations internationales de haut niveau.
L'accord intègre également une forte dimension environnementale. Un fonds de reforestation de 85 millions de livres sterling, complété par un investissement de 9 millions pour la région d'Oti, vise à restaurer les écosystèmes tout en créant des emplois locaux. Cette approche illustre une volonté d'articuler croissance économique et durabilité environnementale, dans un contexte de vulnérabilité accrue aux changements climatiques.
À travers ce partenariat, Accra envoie un signal fort aux investisseurs internationaux : celui d'un pays engagé dans une transformation structurelle, misant sur le secteur privé, l'innovation et les infrastructures pour soutenir une croissance inclusive. En combinant investissements, transfert de compétences et projets structurants, ce partenariat pourrait ainsi redéfinir les contours de la coopération économique entre les deux pays et contribuer à positionner durablement le Ghana comme un pôle émergent de croissance en Afrique.
Publié le 03/06/26 14:58
Narcisse Angan
SN
CEMAC