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Guinée équatoriale : Après 6 ans de travaux, l’assurance maladie universelle arrive à l’étape du financement

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Six ans après le lancement des premiers travaux, la Guinée équatoriale franchit une nouvelle étape vers la mise en place d'une assurance maladie universelle. Le gouvernement a présenté le 18 août la feuille de route élaborée par le Comité technique multisectoriel chargé du projet, lors d'une réunion associant la Primature, le ministère de la Santé et des Affaires sociales et l'Organisation mondiale de la santé (OMS). L'objectif est de construire progressivement un mécanisme permettant à la population d'accéder aux soins tout en assurant la viabilité du système dans la durée.

Le projet est loin d'être nouveau. Selon le représentant de l'OMS en Guinée équatoriale, les premières démarches gouvernementales remontent à 2020. Les travaux techniques se sont ensuite intensifiés à partir de 2024 avec l'appui de l'OMS et d'autres partenaires. Ils ont notamment porté sur le diagnostic de la situation sanitaire du pays, son profil épidémiologique, mais également sur son contexte financier. Plusieurs options de mise en place du futur système ont ainsi été identifiées et évaluées avant l'élaboration de la feuille de route présentée cette semaine.

Le chantier entre désormais dans une phase où la question du financement devient déterminante. Une assurance maladie universelle suppose en effet de définir simultanément les prestations couvertes, les bénéficiaires, les organismes chargés de gérer le dispositif et les ressources permettant de le financer durablement. Or, à ce stade, le gouvernement n'a communiqué ni le coût estimatif du système, ni le niveau d'une éventuelle contribution de l'État, ni les modalités de participation des ménages ou des employeurs. La feuille de route constitue donc une avancée technique, mais plusieurs arbitrages économiques restent encore à effectuer.

Cette équation financière sera d'autant plus importante que le dispositif ambitionne une couverture nationale et nécessite la participation de plusieurs catégories d'acteurs : administrations publiques, professionnels de santé, partenaires internationaux et autres secteurs susceptibles de contribuer à sa soutenabilité. Le choix du modèle déterminera directement la charge supportée par les finances publiques et la capacité du système à couvrir durablement une part importante de la population. L'enjeu sera donc d'élargir l'accès aux soins sans construire un mécanisme dont le financement deviendrait difficile à soutenir dans le temps.

La présentation de la feuille de route marque ainsi moins l'aboutissement du projet que le passage du diagnostic aux décisions opérationnelles. Après les travaux engagés depuis 2020 et l'approfondissement technique mené depuis 2024, Malabo doit désormais transformer les différentes options étudiées en un modèle concret de protection sanitaire. Son architecture financière constituera l'un des principaux paramètres à surveiller : elle permettra de déterminer combien coûtera réellement l'assurance maladie universelle, qui la financera et jusqu'où l'État pourra étendre la couverture promise à la population.

Idrissa Diakité

Publié le 19/08/26 14:59

La Rédaction

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