Le contrôle opérationnel des deux principaux ports de Guinée équatoriale passera officiellement entre de nouvelles mains le 16 mars 2026. À cette date, la société de projet Alport GE, créée conjointement par la holding publique Holding Guinea Ecuatorial et le groupe turc Albayrak, prendra la gestion complète des ports de Malabo et de Bata, selon des informations communiquées à l'issue d'une réunion tenue le 5 mars au Palais du Peuple à Malabo.
Au cours de cette rencontre avec son équipe gouvernementale, le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue a confirmé que la période de transition prévue dans le contrat de concession arrivait à son terme. Cette phase, qui s'est étendue sur trois mois, devait permettre le transfert progressif des responsabilités vers la nouvelle entité chargée de l'exploitation portuaire.
D'après les éléments diffusés par les services de communication de la présidence équato-guinéenne, la coentreprise a déjà engagé plusieurs chantiers préparatoires durant cette période initiale. Les responsables évoquent notamment la formation de personnels nationaux appelés à travailler dans les installations portuaires, l'introduction d'un nouveau système de gestion des opérations et la mise en place d'une politique de recrutement destinée aux équipes opérationnelles.
La transition n'est toutefois pas totalement achevée sur le plan administratif. Les autorités doivent encore procéder à l'actualisation du périmètre des installations portuaires afin de déterminer avec précision les actifs intégrés à la concession. Certaines infrastructures situées dans les zones portuaires ne relèvent en effet pas du contrat signé avec la société concessionnaire.
Lors de la réunion du 5 mars, le vice-président a également insisté sur la nécessité de préserver l'autonomie de la gestion portuaire une fois la concession entrée en vigueur. Il a averti que les ports de Malabo et de Bata seront considérés comme des zones privées dès la seconde moitié de mars. L'accès y sera limité aux personnes autorisées afin de garantir le bon fonctionnement des opérations.
Le transfert effectif de la gestion des ports constitue est l'ultime etape qui devrait permettre de sceller définitivement un partenariat officialisé en 2025 entre la Guinée équatoriale et le groupe turc Albayrak. L'accord prévoit la création d'une société commune chargée d'exploiter les principales infrastructures portuaires du pays. L'État équato-guinéen détient 49 pour cent du capital de la structure tandis que l'entreprise turque en possède 51 pour cent.
Selon les informations rendues publiques lors des discussions entre les autorités et les représentants d'Albayrak, le contrat prévoit un investissement d'environ 300 millions d'euros, soit près de 197 milliards de FCFA, destiné à moderniser les installations et à améliorer les performances logistiques.
La concession est conclue pour une durée initiale de dix ans renouvelables. Elle prévoit également un mécanisme d'évaluation tous les trois ans afin de mesurer les performances opérationnelles et financières de la gestion portuaire.
Les ports concernés occupent une place centrale dans l'économie du pays. Le port de Malabo dispose d'un quai capable de traiter environ 7,1 millions de tonnes de marchandises par an, avec un taux d'utilisation supérieur à 70%. Il peut accueillir des navires atteignant environ 500 pieds de longueur. À Bata, l'infrastructure reçoit chaque année plusieurs milliers de tonnes de marchandises avec un trafic inférieur à cent navires et une capacité maximale évaluée à 57 721 tonnes.
Les investissements prévus devraient porter sur la modernisation des équipements portuaires, la gestion des conteneurs, les services de pilotage et de remorquage ainsi que sur la création d'une nouvelle zone industrielle à Ebibeyin. Selon les projections évoquées lors des discussions avec le groupe turc, la coopération pourrait générer à terme des recettes annuelles atteignant 4 milliards d'euros, soit plus de 2 600 milliards de FCFA, pour l'économie nationale.
Perton Biyiha
Publié le 06/03/26 13:25
La Rédaction
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