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Guinée équatoriale : Les investisseurs boudent le court terme et plébiscitent les BTA à 52 semaines

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Le marché des valeurs du Trésor de la Guinée équatoriale affiche une physionomie singulière au sein de la CEMAC. Selon le dernier Rapport sur la politique monétaire publié par la BEAC en juin 2026, 83,7 % des émissions de Bons du Trésor Assimilables (BTA) du pays se sont concentrées sur la maturité à 52 semaines soit une année, entre mars 2025 et mars 2026, un niveau de concentration inédit dans la sous-région. Le Cameroun et le Tchad affichent des proportions nettement inférieures sur ce même segment, respectivement 51 % et 40,2 %.

Cette préférence confirme le fait que les investisseurs de la région privilégient la maturité la plus longue disponible sur les BTA, au détriment des échéances à 13 et 26 semaines. Un choix qui n'est pas neutre et qui suggère une exigence de rémunération plus élevée pour immobiliser des capitaux sur les valeurs équato-guinéennes, dans un contexte où le pays affiche déjà le deuxième taux effectif global (soit le coût réel total d'un crédit, intérêts et frais compris) le plus élevé de la CEMAC, à 17,44 % au premier trimestre 2026, juste derrière le Gabon.

Cette configuration s'inscrit dans un marché régional du Trésor par ailleurs dynamique, avec un encours global des valeurs du Trésor de la CEMAC en hausse de 13,9 % sur un an, à 9 625 milliards FCFA fin mars 2026. Mais elle interroge également sur la structure de financement propre à Malabo, dont le Trésor semble contraint de concentrer son offre sur un segment unique pour attirer la demande, plutôt que de diversifier ses échéances comme le font ses voisins.

Pour les Spécialistes en Valeurs du Trésor et autres investisseurs institutionnels, qui détiennent l'essentiel de l'encours régional, cette hypothèse de prime de risque implicite sur la dette équato-guinéenne à 52 semaines constitue un signal, alors que sur la même période, le pays affiche selon les projections de la banque centrale, la seule inflation nationale prévue au-dessus de la norme communautaire de 3 % pour l'année 2026, à 4,1 %.

Idrissa Diakité

Publié le 13/07/26 18:15

La Rédaction

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