La Guinée équatoriale veut donner une nouvelle dimension à son secteur minier. La Chambre des députés a approuvé à l'unanimité une réforme de la législation minière qui introduit un régime spécifique pour les minerais critiques, assorti d'incitations fiscales, de procédures accélérées et de mesures préférentielles pour les investisseurs. Pour Malabo, il s'agit de transformer un potentiel minéral encore peu exploité en nouveau relais de diversification, alors que l'économie nationale demeure fortement dépendante des hydrocarbures. Le texte cible notamment les minerais liés à la transition énergétique et à l'économie numérique.
Le changement concerne également la manière dont les permis seront attribués. La nouvelle législation fait des appels d'offres publics internationaux la règle générale pour l'octroi des droits miniers, avec l'ambition affichée d'accroître la concurrence entre opérateurs et de rendre la sélection plus transparente. L'attribution directe reste possible, mais devra désormais être justifiée par des critères techniques et financiers. L'exécutif tente ainsi de rapprocher son cadre réglementaire des standards recherchés par les groupes miniers internationaux, pour lesquels la visibilité sur les licences, la fiscalité et le règlement des différends pèse lourd dans les décisions d'investissement.
Pour accompagner cette ouverture, le pays veut surtout construire une administration minière qui lui faisait jusqu'ici défaut. La réforme prévoit la création d'un Service géologique national, d'un Registre minier, d'un Cadastre minier, d'une Plateforme nationale de gestion minière, d'un Registre géologique numérique et d'une Commission nationale des mines. Ces instruments doivent améliorer la connaissance du sous-sol, sécuriser les titres et permettre un suivi plus précis des opérations.
Le gouvernement ne veut toutefois pas limiter cette stratégie à l'extraction. Le texte instaure également un régime spécifique de partenariats public-privé pour les infrastructures stratégiques et le raffinage des minerais, ouvrant la voie à des investissements dans la transformation locale. Les opérateurs bénéficieront de garanties de stabilité juridique et fiscale, mais devront en contrepartie intégrer davantage l'économie nationale : recours aux entreprises locales, emploi et formation de travailleurs équato-guinéens, transfert de technologies et réalisation de projets sociaux dans les zones d'exploitation. La réforme cherche ainsi à augmenter la part de valeur conservée dans le pays plutôt qu'à construire une nouvelle filière reposant uniquement sur l'exportation de matières premières.
Cette offensive minière arrive au moment où la Guinée équatoriale cherche à élargir les bases d'une économie longtemps portée par le pétrole et le gaz. Le gouvernement inscrit directement la réforme dans les objectifs du Plan national de développement Horizon 2035 et présente les ressources minérales comme une source potentielle de recettes publiques, d'emplois et de compétences techniques.
Idrissa Diakité
Publié le 15/09/26 13:43
La Rédaction
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