Idrissa Nassa
L'homme d'affaires burkinabè Idrissa Nassa, fondateur de Coris Bank International, vient de confier les rênes de Mansa Resources, sa nouvelle société minière où il est l'actionnaire majoritaire à travers sa filiale Nioko Resources, à Sébastien de Montessus, ancien PDG du groupe minier canadien Endeavour Mining. Cette décision place le magnat burkinabè au cœur d'un mouvement de recomposition du secteur, dopé par la flambée des cours de l'or qui avait franchi pour la première fois la barre symbolique des 5 000 dollars l'once le 27 janvier dernier.
Immatriculée à Dubaï, il y a une dizaine de mois, Mansa Resources s'est développée à bas bruit pour devenir la holding de deux anciens actifs du groupe britannique Hummingbird Resources : la mine de Kouroussa en Guinée et le projet de développement de Dugbe au Libéria. Selon des sources proches du dossier, Sébastien de Montessus siège au conseil d'administration de la société et en détient également une participation au capital, alignant ainsi la gouvernance avec une logique de création de valeur à moyen terme.
Sebastien de Montessus, nouveau directeur général de Mansa Resources
Le retour de ce dirigeant français de 51 ans dans l'industrie est scruté de près. En réalité, son départ d'Endeavour Mining en janvier 2024, avait été brutal. Le conseil d'administration l'avait contraint à la démission pour faute grave présumée, évoquant des paiements de plus de 20 millions de dollars à une entité immatriculée aux Émirats arabes unis, sans identification claire du bénéficiaire final. Le dirigeant a toujours nié toute malversation, affirmant qu'il s'agissait de paiements à un prestataire établi et n'en avoir tiré aucun profit personnel. Un accord transactionnel a été conclu en juillet 2024, refermant le contentieux.
Entre-temps, De Montessus est revenu en conseiller auprès d'Idrissa Nassa lors des efforts de refinancement de Hummingbird, avant que leur collaboration ne s'approfondisse avec la consolidation des actifs sous Mansa. Son profil, expérience opérationnelle, connaissance fine des juridictions minières africaines et crédibilité auprès des financeurs, est perçu par les soutiens du projet comme un accélérateur de redressement. Sa feuille de route vise à stabiliser Kouroussa, un actif réputé complexe, et repositionner Dugbe sur un marché de l'or plus porteur. Le projet libérien, à forte intensité capitalistique, exigera des financements structurés et une planification rigoureuse. Dans un contexte de hausse généralisée des coûts dans le secteur, l'exécution sera déterminante.
Publié le 31/01/26 11:04
Narcisse Angan
SN
CEMAC