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Kinshasa tâte le pouls des marchés mondiaux avant son premier eurobond de 750 millions de dollars

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La République démocratique du Congo multiplie les signaux en direction des investisseurs internationaux. À Londres, où il enchaînait les rencontres avec des gestionnaires d'actifs, le ministre des Finances Doudou Fwamba Likunde a confirmé à Reuters que le pays prépare sa toute première émission obligataire internationale, une opération attendue autour de 750 millions de dollars. 
 
Auprès de l'agence Reuters, le ministre a exposé l'ambition poursuivie par son gouvernement. " La priorité pour nous est d'accéder au marché international des capitaux, non seulement pour lever des fonds, mais aussi pour construire une courbe, afin que le secteur privé puisse également lever de l'argent et venir investir dans le pays ", a déclaré Doudou Fwamba Likunde.
 
Selon ce haut responsable, "les échanges avec les investisseurs ont servi à prendre le pouls du marché". Toutefois, le calendrier exact de cette première émission obligataire internationale, attendue à hauteur de 750 millions de dollars, reste à déterminer. L'opération avait été annoncée le mois dernier par le gouverneur de la banque centrale pour le mois d'avril. Mais le ministre temporise et laisse entendre que Kinshasa avance avec prudence. " Tout dépendra des conditions du marché... Quand le moment sera venu, nous serons prêts ", a-t-il affirmé à Reuters.
 
Depuis des années, l'idée d'une émission internationale figurait dans les intentions des autorités congolaises sans jamais se concrétiser. Les conflits persistants, les préoccupations liées aux droits humains et les interrogations sur la gouvernance avaient jusqu'ici freiné l'accès aux marchés. Aujourd'hui, le gouvernement estime que la conjoncture mondiale offre une fenêtre plus favorable. Reuters souligne que les primes de risque sur la dette des marchés émergents ont reculé à leurs plus bas niveaux depuis la crise financière mondiale de 2007-2008, stimulant un volume record d'émissions depuis le début de l'année.
 
La RDC espère ainsi rejoindre des pays comme le Suriname, le Laos ou encore la République du Congo, qui ont récemment sollicité les investisseurs internationaux. Mais les observateurs préviennent que Kinshasa devra probablement consentir un rendement à deux chiffres pour convaincre, malgré une amélioration récente de sa notation. S&P Global Ratings a attribué au pays la note B- avec une perspective positive en début d'année, rappelle Reuters.
 
Les autorités congolaises mettent en avant un niveau d'endettement extérieur relativement modéré. La dette extérieure représente 18,5 % du PIB, dont 95% contractés à des conditions concessionnelles, selon les données citées par Reuters. Un argument destiné à rassurer des investisseurs attentifs à la soutenabilité budgétaire.
 
Les ressources issues de cette levée doivent financer plusieurs projets. Selon Reuters, Doudou Fwamba Likunde a indiqué que les fonds serviront à moderniser l'aéroport international de N'djili, à réhabiliter des routes à Kinshasa, à développer des centrales hydroélectriques et à renforcer les infrastructures rurales. Dans un pays riche en cuivre, cobalt et lithium, ces investissements sont présentés comme essentiels pour soutenir la dynamique du secteur extractif et améliorer la connectivité.
 
Perton Biyiha

Publié le 12/02/26 15:07

La Rédaction

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