La croissance économique de l'Afrique devrait ralentir en 2026 sous l'effet des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et de leurs répercussions sur les marchés mondiaux de l'énergie et des matières premières. Dans ses nouvelles perspectives économiques publiées le 26 mai, Banque africaine de développement table désormais sur une croissance de 4,2 % pour le continent, contre 4,4 % enregistrés l'année précédente.
L'institution financière explique cette révision par la montée des incertitudes internationales provoquées par la crise au Moyen-Orient, qui continue d'alimenter les pressions inflationnistes à travers le monde. La hausse des prix du pétrole, les perturbations des chaînes d'approvisionnement ainsi que l'augmentation des coûts du transport et de certaines denrées alimentaires devraient peser sur plusieurs économies africaines déjà confrontées à des marges budgétaires limitées.
Selon la BAD, les pays importateurs de produits énergétiques restent particulièrement exposés à ces chocs extérieurs. La flambée des cours du brut pourrait accentuer les déficits commerciaux, renchérir le coût de la vie et compliquer davantage les efforts des banques centrales pour contenir l'inflation.
Malgré ce contexte international jugé fragile, l'institution panafricaine estime que l'Afrique conservera l'un des rythmes de croissance les plus soutenus au monde. La dynamique de la consommation intérieure, l'assouplissement progressif des politiques monétaires dans certains pays et la résilience des secteurs minier et agricole devraient contribuer à soutenir l'activité économique sur le continent.
La BAD souligne également que plusieurs économies africaines continuent d'attirer des investissements dans les infrastructures, l'énergie et les industries extractives, même dans un environnement mondial marqué par les tensions géopolitiques et le ralentissement de la demande internationale.
L'institution basée à Abidjan reste toutefois prudente pour les prochains mois. Elle estime qu'une aggravation du conflit au Moyen-Orient ou une nouvelle flambée des prix énergétiques pourrait accentuer les vulnérabilités économiques de plusieurs pays africains et ralentir davantage les perspectives de croissance du continent.
Fanuelle YAO
Publié le 26/05/26 15:56
La Rédaction
SN
CEMAC