La Banque africaine de développement (BAD) engage 5,65 millions USD pour soutenir un nouveau levier de financement destiné aux mini-réseaux solaires en République centrafricaine, au Tchad, au Nigeria et en République démocratique du Congo, selon une décision approuvée le 27 mars à Abidjan. Ces fonds doivent permettre d'injecter des liquidités en devises dans des projets énergétiques qui peinent à attirer des financements classiques, dans des environnements marqués par l'instabilité et des marchés financiers peu profonds.
D'après les informations communiquées par l'institution panafricaine, cette enveloppe prend la forme d'une subvention remboursable accordée via son Fonds pour l'énergie durable en Afrique. Elle est associée à un financement équivalent du Nordic Development Fund, portant à 11,3 millions de dollars la taille initiale du dispositif. La gestion opérationnelle a été confiée à la société d'investissement climatique Camco Clean Energy et à l'ONG américaine Energy Peace Partners, à l'origine du mécanisme.
Transformer des certificats en flux de trésorerie
Le dispositif repose sur la valorisation de certificats d'énergie renouvelable générés par de petits réseaux électriques installés dans des zones isolées. Concrètement, il s'agit de monétiser à l'avance une production future d'électricité verte. Les développeurs locaux cèdent leurs certificats en échange de paiements anticipés, ce qui leur permet de financer la construction ou l'extension de leurs infrastructures sans recourir à de la dette commerciale classique. Ces certificats sont ensuite revendus à des entreprises internationales engagées dans des politiques de décarbonation. Selon les éléments fournis par la Banque africaine de développement et ses partenaires, cette mécanique permet de capter des ressources en devises fortes et de les réorienter vers des marchés où les projets énergétiques restent sous-financés malgré des besoins élevés.
Dans des pays comme la Centrafrique ou le Tchad, où les taux d'électrification figurent parmi les plus faibles du continent, l'accès à des financements en monnaie forte constitue un facteur déterminant pour la viabilité des projets. Au Nigeria et en RDC, où les besoins sont massifs en dépit de marchés plus larges, ces flux peuvent accélérer le déploiement de solutions hors réseau dans les zones rurales ou enclavées.
L'initiative vise, à terme, plusieurs centaines de milliers de bénéficiaires à l'échelle de quatorze pays africains classés comme fragiles. Les données transmises par les promoteurs du projet font état d'environ 240 000 nouvelles connexions et d'une capacité additionnelle de 71 mégawatts en énergie renouvelable. Près de 856 000 personnes pourraient ainsi accéder pour la première fois à une électricité stable, avec un impact attendu sur les activités économiques locales.
Perton Biyiha
Publié le 30/03/26 13:21
La Rédaction
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CEMAC