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Côte d’Ivoire : La BOAD organise un atelier de formation sur ses nouvelles procédures de passation des marchés

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La Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD) a ouvert ce lundi 4 mai au Plateau un atelier de formation d'une semaine destiné aux acteurs de la commande publique et du secteur privé en Côte d'Ivoire. L'événement qui prendra fin le vendredi 8 mai, s'inscrit dans une démarche volontariste de la banque, qui, après plus de cinquante ans d'existence, entend accélérer l'exécution de ses financements en dotant ses partenaires des outils les plus récents en matière de passation des marchés.
 
La Côte d'Ivoire n'est pas un partenaire ordinaire pour la BOAD. Avec plus de 2 500 milliards de francs CFA d'engagements à fin mars 2026, elle représente à elle seule 25 % du portefeuille total de la banque, qui dépasse les 10 000 milliards sur l'ensemble de ses huit États membres. Ce poids considérable — un quart des engagements pour un seul pays traduit la confiance que la banque place dans l'économie ivoirienne, mais il impose aussi des exigences de rigueur et d'efficacité proportionnelles à ces ambitions.
 
C'est précisément là que le bât blesse depuis plusieurs années. La longueur des délais de délivrance des avis de non-objection ces validations sans lesquelles les marchés ne peuvent être attribués plombait mécaniquement les taux de décaissement. Or, pour une institution de développement, financer un projet sans que les fonds ne soient effectivement décaissés revient à tourner dans le vide. La BOAD avait déjà engagé une première réforme en 2021, mais c'est en septembre 2025, après un passage devant son conseil d'administration, qu'elle a franchi un cap décisif en allégeant substantiellement le dispositif.
 
La mesure phare de cette réforme est saisissante : près de 53 % des marchés passés par les États membres sont désormais exonérés de l'avis de non-objection de la banque. Concrètement, pour ces marchés, la BOAD renonce à son contrôle préalable et se contente d'audits réalisés a posteriori, une fois les marchés exécutés. Le gain de temps est considérable. Ce glissement du contrôle ex ante vers l'audit ex post marque une évolution philosophique profonde dans la relation entre la banque et ses emprunteurs, fondée désormais davantage sur la confiance que sur la surveillance systématique.
 
L'atelier, animé par Alexis Clément, responsable du contrôle des marchés à la BOAD, entend justement ancrer cette nouvelle philosophie dans les pratiques quotidiennes des participants. Au programme de la semaine : présentation des nouvelles procédures, maîtrise des dossiers types d'appel d'offres, nouvelles modalités de supervision et, enfin, politiques de prévention et de lutte contre la fraude et la corruption. La complétude et la qualité des dossiers transmis à la banque étant l'un des principaux goulots d'étranglement identifiés, les organisateurs misent sur un format délibérément interactif pour s'assurer que les participants s'approprient réellement ces outils, au-delà du simple cours magistral.
 
La formation réunit à la fois des acteurs publics et des opérateurs privés financés par la BOAD — une double cible qui n'est pas anodine. Avec 44 % des engagements de la banque en Côte d'Ivoire dirigés vers le secteur privé, les entreprises ont autant à perdre que les administrations d'un processus mal maîtrisé. Pour un investisseur privé, un retard de décaissement se traduit immédiatement en coûts financiers et en risques opérationnels. En réunissant dans un même espace les deux faces de la commande publique, la BOAD envoie un message clair : l'efficacité du développement est une responsabilité partagée, et elle commence par la maîtrise collective des règles du jeu.

Publié le 05/05/26 18:36

La Rédaction

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